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La liberté n'est ni une invention juridique ni un trésor philosophique, propriété chérie de civilisations plus dignes que d'autres parce qu'elles seules sauraient la produire ou la préserver. Elle résulte d'une relation objective entre l'individu et l'espace qu'il occupe, entre le consommateur et les ressources dont il dispose.

Claude Lévi-Strauss

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mercredi 17 février 2010

Voici le témoignage ahurissant de Hélène du RESF de Paris nord ouest qui n'a de crimes à son actif que que de gérer la liste des alertes rafles

Message de Christophe Ruggia : " Voici le témoignage ahurissant de Hélène du RESF de Paris nord ouest qui n'a de crimes à son actif que que de gérer la liste des alertes rafles.
Date : 15 février 2010 23:38
Objet : Hélène; garde à vue "

à lire avec attention et à diffuser

Hélène :

A 6H10, 4 hommes et une femme ont frappé à ma porte, ont dit que c'était la police. j'ai ouvert. ils portaient des gilets par balle. je ne me souviens plus si ils m'ont montré un papier dès leur arrivée. Je sais que j'en ai signé un après mais ne me rappelle plus quoi. ils m'ont parlé des "mes engagements politiques de gauche". tout ce moment reste très flou, j'étais surprise et je me demandais ce qu'il se passait.au bout d'un moment ils m'ont dit cherché des bombes de peinture et m'ont parlé de destruction de DAB distributeur automatique de billets. ils ont cherché de la littérature subversive. ils ont pris en photos des livres (le dernier de RESF, de la désobéissance civile...). ils ont fouillé partout. ils ont voulu voir les photos de mon appareil photos, m'ont demandé si j'avais des photos de manif. ils ont photographié des notes sur l'occupation des grévistes. ils ont emmené deux ou trois papiers qu'ils m'ont rendu. ils ont embarqué mon CV. ils ont voulu prendre mon ordi mais je leur ai expliqué que je n'avais plus internet depuis deux ans. ils l'ont fouillé quand meme sans l'emporter. ils m'ont demandé mon portable et mon chargeur, qu'ils ont emporté. je ne les ai pas récupéré. ils m'ont dit que je pourrais le récupérer demain. dans l'appartement ils m'ont parlé du centre de rétention de vincennes. ensuite nous sommes descendus dans ma cave. ils y ont jeté un rapide coup d'oeil. j'ai été emmené ensuite au 36 quai des orfèvre. j'y suis arrivée vers 8h. là j'ai eu le droit aux photos antopométrique, prise d'empreinte et m'ont fait me deshabiller, m'accroupir et tousser. j'ai des marques reconnaissables sur le corps qu'ils ont prises en photos. je leur ai expliqué que c'était une maladie génétique. ils ont fait des commentaires se demandant si ce n'était pas contagieux.... ensuite, vers 11 h, j'ai été interrogé pour ce qu'ils appellent l'interrogatoire d'identité (je plus trop sur du terme) par un commandant de police. ils sont remonté de ma scolarité primaire à mon diplome professionnelle, m'ont interrogé sur mes voyages et ensuite sur mes opinions politiques. ils m'ont questionné sur mes activités militantes. je suis remontée en cellule. j'ai été ensuite changée de cellule car j'étouffais dans celle où j'étais (en gros 4 mètres carrés, pas d'aération pas d'ouverture). j'ai demandé à voir un médecin que j'ai vu une heure après environ. il m'a été demandé de faire un test ADN. avant j'avais dit que j'avais le droit de refuser. il m'a été répondu que je pouvais être jugé pour ça et que de le faire été le meilleur moyen de prouver mon innocence. je l'ai donc fait. vers 16h30 j'ai été vu à nouveau "pour les besoins de l'enquête". Mon téléphone portable a été évoqué à nouveau. il m'a été dit qu'effectivement c'était pour cela que j'étais là. on m'a demandé si j'avais participé à des actes de violences destruction de DAB, investir la préfecture ou la caf, m'ont interrogé sur mes connexions internet, les sites que je visite, mes moyens d'informations et si je connaissais des gens qui avaient commis des actes de violence ( ai répondu pas à ma connaissance) ou entendu parler d'actes de violence. ils ont beaucoup insisté pour savoir ce que savais des banques qui dénoncent les sans papiers, ce que j'en pensais et ce que je pensais des actes violents. la fin de ma garde à vue a été prononcé à 19h35. je suis sortie après 13h20 de garde à vue. Hélène

jeudi 26 mars 2009

Une fois n'est pas coutume, je parle de mon boulot

arton201-4824c.jpgJe ne suis pas très pétitionnaire. Pourtant, cette fois ci, je vous incite vivement à signer celle disponible sur le site http://www.sip-epetc.org/.
Je ne vais pas m'étendre, la situation est bien expliquée sur le site. En gros, le secteur de pédo-psychiatrie ou je bosse travaille depuis déjà longtemps en partenariat avec la PJJ[1] et l'ASE[2], considérant que pour toute une frange des jeunes que nos trois secteurs connaissent, leurs difficultés induisent un fonctionnement de type patate chaude : l'ASE trouve que la situation n'est pas pour elle, mais pour la psychiatrie ou la justice, la pjj pour l'aide sociale ou la psychiatrie, et le secteur psy considère qu'il s'agit d'une situation qui relève de mesures éducatives et/ou de protection... Résultat, les situations les plus complexes sont les moins bien traitées.

Pour lutter contre ça[3], l'idée à germer de créer des structures réunissant les trois acteurs : bien plus difficile dans ce cas là de se défausser, non ?

Hors, nos trois secteurs sont très malmenés par les temps qui court : réductions budgétaires, redéfinition des missions[4], fièvre administrative et sécuritaire... et voila t'y pas que désormais le conseil général (aka, l'ASE) et la PJJ se retirent de ces dispositifs... ce qui entraîne de facto leur fermeture. Bref, de pire en pire.

Bien sur, je ne me fait pas grandes illusions sur le résultat, mais si vous pouviez être très nombreux à signer cette pétition, ça nous aiderait peut-être à sauver les meubles, et maintenir une partie de nos prise en charge[5] Par ailleurs si certains de mes lecteurs blogueurs a gros lectorat pouvaient relayer, ce serait super (oui, je sais qu'il y en a, suivez mon regard ;) ). Les petits aussi, bien sûr !

Notes

[1] protection judiciaire de la jeunesse

[2] l'aide sociale à l'enfance

[3] je simplifie grandement, ce n'est pas le sujet

[4] ainsi, la PJJ est sommée de ne plus s'occuper que de mineurs, et plus que mineurs au pénal et plus protégés...

[5] et pas seulement sur le mode maintien de l'ordre qui est dans l'air du temps!

mercredi 11 mars 2009

Le réseau des pirates

ADDENDUM : le site est a nouveau en ligne, ce billet est obsolète ;)

Je n'ai encore rien écrit ici sur l'infamie[1] HADOPI, essentiellement parceque tout est dit, bien mieux que je ne pourrais le dire, un peu partout sur le web. Cette loi, si elle est votée, sera inique, inapplicable, liberticide et stupide[2].
Cela dit, avec le flot continu de loi de ce genre qu'on nous fait avaler depuis quelques années, rien ne vous étonnes plus, n'est-ce pas ?

Je risque néanmoins une petite bafouille, parceque je suis tombé sur ça :

Réseaux des pirates

Le réseau des pirates a visiblement vu son compte suspendu, et son site mis hors ligne, chez leur mauvais hébergeur. Il n'y a pas la moindre explication, mais on peut supposer que c'est en application de la LCEN (ou alors c'est moi qui voit le mal partout ?)[3]

Article 6.I.2. de la LCEN (Responsabilité civile) Les personnes physiques ou morales qui assurent, même à titre gratuit, pour mise à disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d'écrits, d'images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services ne peuvent pas voir leur responsabilité civile engagée du fait des activités ou des informations stockées à la demande d'un destinataire de ces services si elles n'avaient pas effectivement connaissance de leur caractère illicite ou de faits et circonstances faisant apparaître ce caractère ou si, dès le moment où elles en ont eu cette connaissance, elles ont agi promptement pour retirer ces données ou en rendre l'accès impossible. L'alinéa précédent ne s'applique pas lorsque le destinataire du service agit sous l'autorité ou le contrôle de la personne visée audit alinéa.

Article 6. I. 3. de la LCEN (Responsabilité pénale) Les personnes visées au 2 ne peuvent voir leur responsabilité pénale engagée à raison des informations stockées à la demande d'un destinataire de ces services si elles n'avaient pas effectivement connaissance de l'activité ou de l'information illicites ou si, dès le moment où elles en ont eu connaissance, elles ont agi promptement pour retirer ces informations ou en rendre l'accès impossible.



Bon, on peut commencer par conseiller au réseau des pirates de se préoccuper un peu d'internet, et pas seulement de minitel 2.0, et de se choisir un vrai hébergeur[4], et ensuite, on peu relayer leur texte, afin que les ciseaux de la censure se brise sur la résistance du net.

Voila le texte qu'on y était (notamment) invité à signer, et que je vous invites a relayer :

Appel du réseau des pirates

Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates.

Je prends le parti des pirates.

Ils sont, nous sommes, des millions, en France, chaque jour à échanger des œuvres: des tubes, des films à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables, des œuvres oubliées ou "tombées" dans le domaine public.

Ces pratiques sont là pour durer. Elles sont inscrites dans la révolution numérique. Les tentatives d'interdire les échanges sur Internet -par l'intimidation ou par le filtrage- sont vaines. Leur coût en termes de libertés publiques est inacceptable. Cantonnées dans la clandestinité, ces pratiques de partage ne donnent pas, il est vrai, le meilleur d'elles-mêmes. C'est au grand jour qu'elles révéleront toutes leurs potentialités.

Il est grand temps de reconnaître ces pratiques. De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse. En attendant ce jour, je prends le parti des pirates.

Je déclare que je suis l'un d'entre eux. Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles. Alors, pour eux je suis un pirate.

Notes

[1] énième du nom...

[2] parmi d'autres qualificatif, peut appropriés à l'écrit...

[3] Ou alors, ils ont explosé leurs quotas chez leur hébergeur avec leur nouveau texte, c'est tout le mal que je leur souhaite, auquel cas j'ai écrit ce billet pour rien : tant mieux

[4] admettons, ça ne court pas les rues... dans ce cas là, être son propre hébergeur est peut-être une solution?

samedi 07 mars 2009

Les pancartes et slogans politiques sont des délits

Merci à Pierre pour l'info... Encore une fois, ça se passe de commentaires.

http://numerolambda.wordpress.com/2009/02/28/planquez-pancartes-megaphones/

Pour les prochaines manifs, planquez pancartes et mégaphones

La pénalisation du mouvement social s’apprécie à ce genre de petits détails. Un militant associatif de la Drôme, Pierre Nicolas, avait écopé d’une amende de shérifs municipaux pour affichage sauvage lors d’une manifestation, en juin 2008. Il vient juste d’être convoqué au tribunal pour ce délit surréaliste. En fait, selon l’auteur des faits qui nous l’a rapporté, le motif du PV est exactement «Apposition de publicité sur un immeuble sans l’autorisation du propriétaire». Il participait en juillet 2008, à Crest, à un rassemblement contre la politique de «casse sociale» chère à notre Conducator, en particulier contre le perfide fichier Base-élèves, tant décrié dans ses pages et ailleurs. Et des pancartes avaient été accrochés à certains poteaux. Grave préjudice en effet…

En lisant son histoire racontée par un membre du PCF d’Orléans, on retrouve les ingrédients de l’affaire Hervé Eon, ce manifestant qui a été condamné (à 30 euros, mais condamné quand même) pour “offense au chef de l’Etat”. Le malheureux avait brandi une pancarte “cass’toi pauv’ con” lors d’un déplacement présidentiel (il a fait appel le 4 février). Histoire qui ressemble aussi à celle d’un vendeur à la criée de “l’Humanité Dimanche” sur le marché de la goutte d’or à Paris, verbalisé par la police pour “vente de marchandise sans autorisation”, mais finalement relaxé le 18 février.

Dans le cas de Pierre Nicolas, animateur du collectif Pont Mistral de Crest (ville dont le maire est le villepiniste Hervé Mariton), c’est bel et bien une pancarte bricolée à la main qui a énervé les flics municipaux:

Ce collectif de citoyens se réunissait jusqu’à fin juillet dernier tous les jeudis de 17H à 18H sur le pont du même nom. Ceci afin de protester contre la politique de casse sociale mise en oeuvre par N. Sarkozy (…). Chaque jeudi, nos citoyens occupaient le pont et posaient des panneaux/pancartes qu’ils enlevaient dès l’occupation terminée, soit une heure plus tard. drome.pngLe panneau ci-contre vous donne une idée de la gravité de l’affaire et du délit commis ! Car délit, il va y avoir.
Jeudi 12 juin 2008, la police municipale a notifié aux manifestants sans pour autant dresser de PV qu’ils ne pouvaient pas accrocher leurs «panneaux politiques» sur tel mur ou tel poteau. Se pliant à cet impératif, les manifestants ont alors immédiatement posé à terre les dits panneaux aux slogans politiques. Ce qu’ils ont également fait les jeudis suivants. Mais cela n’a pas empêché la police municipale de revenir le 19 juin et cette fois, de verbaliser. Pierre Nicolas est aussi un farouche opposant au fichier base élèves. Qu’il a bien entendu refusé d’alimenter pour ne pas le mettre au service du Maire, «besson» de Sarkozy. (…) Il conteste la validité du PV. C’est pour cette raison qu’il passera le 16 mars prochain à 09H45 au tribunal de Die (26400).

Vous pouvez lui manifester votre soutien en signant la pétition qui vient d’être ouverte en ligne (…).

Tout ce petit manège n’est pas fortuit. C’est en droite ligne de la fameuse “tolérance zéro” et sa théorie sous-jacente, celle de la “vitre brisée” (cf cet article de Loic Wacquant)— l’adage préfabriqué, fort répandu parmi nos élites, qui veut que tout acte d’«incivilité» doit être sanctionné illico, jugeant d’abord l’acte plutôt que l’auteur (contraire à de nombreux principes de notre Droit), pour éviter que le délinquant ne sombre dans le grand banditisme. L’invention rhétorique porte sur le terme même d’incivilité, juridiquement ambigü car il ne repose sur aucune définition légale (d’après ce que j’ai réussi à vérifier — je veux bien être démenti): mentionné dans des décrets, pas dans la loi, donc ni dans le code civil et encore moins dans le code pénal.

Allons encore plus loin : s’il est possible de réprimer l’affichage contestataire, pourquoi ne pas sanctionner le fait de proférer par mégaphone des slogans peu flatteurs dans une manif? Ce n’est même pas une incivilité, c’est dans le code pénal (article R623-2): un PV de 3ème classe pour «bruits ou tapages injurieux» — pas besoin que ce soit la nuit, semble-t-il; l’arme du crime peut même être confisquée sur le champs; et tout le cortège pourrait être verbalisé pour «assistance».
Lisez, c’est écrit:

Les bruits ou tapages injurieux ou nocturnes troublant la tranquillité d’autrui sont punis de l’amende prévue pour les contraventions de la 3e classe.
Les personnes coupables des contraventions prévues au présent article encourent également la peine complémentaire de confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l’infraction.
Le fait de faciliter sciemment, par aide ou assistance, la préparation ou la consommation des contraventions prévues au présent article est puni des mêmes peines.

mercredi 11 février 2009

Personne ne vous demande de faire de la délation

Dans la série les gendarmes sont vos amis, ceux de Sarlat font très fort. Voilà le courrier qu'ils ont adressé aux élus des communes avoisinantes ces jours-ci (cliquez sur l'image pour la voir en grand) :

20090121gendarmerie_002.jpg

L'emphase, en rouge, n'est pas de moi, mais de l'expéditeur, qui l'a envoyé sur une liste mail. C'est édifiant non?
Mais jusqu'ou cela s'arrêtera-t'il ?

PS : si vous avez des trucs croustillants que vous voudriez voir publiés dans cette rubrique, vous pouvez m'écrire ici.

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