Je sais pertinemment qu'une partie de mes lecteurs sont des gens qui ne passent pas autant de temps que moi sur internet, et qui maîtrisent assez peu les technologies qui permettent de gagner du temps pour récupérer de l'info.
Alors, PAF! je viens de décider, d'un coup d'un seul, en lisant un billet du blog que je vais vous présenter, d'étrenner un nouveau tag: revue-de-web, pour présenter régulièrement un site que j'aime bien, et que je lis régulièrement.
Si ce site vous intéresse, bien sur, vous pouvez allez le lire directement sur le site web. Cela dit, je vous conseille, si vous comptez le lire réguliérement, de regerder un peu comment fonctionnent les flux RSS.
Aujourd'hui, je vais vous présenter Le Monolecte, le blog d'Agnès Maillard, que je ne connais pas du tout, si ce n'est par ses écrits. Ces derniers décrivent (avec talent!) une réalité pas franchement gaie, mais qui colle plutôt pas mal avec la vision que j'en ai.
C'est son dernier billet qui m'a décidé a vous en parler, parce qu'il m'a simplement pris aux tripes, et que lire des trucs comme ça, ba ça réveille.
Et comme cette personne a en plus le bon goût de soutenir le logiciel libre, de fournir sa prose sous une licence Creative Common by-nc-nd (même si mon cœur de libriste préfère la CC by-sa) , et d'utiliser dotclear2, je ne peux que chaudement vous conseiller de la lire!
Un extrait pour vous mettre l'eau à le bouche:
Bien sûr, nous nous disions qu'aller un samedi à Ikéa Bordeaux, ce n'allait pas être une partie de plaisir, mais bon, Noël venant de passer et de bien drainer les fonds de poches des impécunieux, nous espérions une sorte de trêve
consumériste, un peu comme un joueur de poker qui joue la prudence a près s'être fait éponger sur un mauvais bluff.
Mais là... c'était la quatrième dimension! Un centre commercial plein jusqu'à la gueule. Des bagnoles qui se garent n'importe comment sur les terre-pleins à l'entrée de la zone marchande. Une foule compacte et industrieuse qui n'a de cesse que d'écluser un maximum de rayons et d'acheter un maximum de choses. Il y avait quelque chose de méthodique et d'insouciant à la fois dans ce quadrillage consumériste, une sorte de grosse fièvre froide du claquage de carte bleue. La foule s'écoulait comme un énorme mascaret sur le parcours forcément sinueux du magasin venu du froid et raclait les berges de marchandises débordantes, jusqu'à ne presque plus pouvoir pousser leur caddie pourtant démesuré. Je me retrouvais prisonnière de la déferlante, ballottée avec mes trois trucs à pas cher, effarée d'être à ce point à des années-lumières de mes contemporains.
Quand j'ai fini par être précipitée par le courant sur le barrage des caisses, j'ai halluciné de voir avec quelle gloutonnerie les tapis roulants dégueulaient des monceaux de marchandises, avec quelle fébrilité l'argent changeait de main.
J'avais l'impression d'être une Polonaise des années 70 subitement propulsée dans une sorte de rêve éveillé de ce que je pouvais imaginer de plus caricatural du monde de débauche qui s'agitait outre-mur.
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par equinoxefr le 10/05/2008, à 20:39
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