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Sous le couvert d'un langage qu'on prend soin d'épurer de manière qu'il n'y soit plus nommé directement, le sexe est pris en charge, et comme traqué, par un discours qui prétend ne lui laisser ni obscurité ni répit.

Michel Foucault

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samedi 07 mars 2009

Les pancartes et slogans politiques sont des délits

Merci à Pierre pour l'info... Encore une fois, ça se passe de commentaires.

http://numerolambda.wordpress.com/2009/02/28/planquez-pancartes-megaphones/

Pour les prochaines manifs, planquez pancartes et mégaphones

La pénalisation du mouvement social s’apprécie à ce genre de petits détails. Un militant associatif de la Drôme, Pierre Nicolas, avait écopé d’une amende de shérifs municipaux pour affichage sauvage lors d’une manifestation, en juin 2008. Il vient juste d’être convoqué au tribunal pour ce délit surréaliste. En fait, selon l’auteur des faits qui nous l’a rapporté, le motif du PV est exactement «Apposition de publicité sur un immeuble sans l’autorisation du propriétaire». Il participait en juillet 2008, à Crest, à un rassemblement contre la politique de «casse sociale» chère à notre Conducator, en particulier contre le perfide fichier Base-élèves, tant décrié dans ses pages et ailleurs. Et des pancartes avaient été accrochés à certains poteaux. Grave préjudice en effet…

En lisant son histoire racontée par un membre du PCF d’Orléans, on retrouve les ingrédients de l’affaire Hervé Eon, ce manifestant qui a été condamné (à 30 euros, mais condamné quand même) pour “offense au chef de l’Etat”. Le malheureux avait brandi une pancarte “cass’toi pauv’ con” lors d’un déplacement présidentiel (il a fait appel le 4 février). Histoire qui ressemble aussi à celle d’un vendeur à la criée de “l’Humanité Dimanche” sur le marché de la goutte d’or à Paris, verbalisé par la police pour “vente de marchandise sans autorisation”, mais finalement relaxé le 18 février.

Dans le cas de Pierre Nicolas, animateur du collectif Pont Mistral de Crest (ville dont le maire est le villepiniste Hervé Mariton), c’est bel et bien une pancarte bricolée à la main qui a énervé les flics municipaux:

Ce collectif de citoyens se réunissait jusqu’à fin juillet dernier tous les jeudis de 17H à 18H sur le pont du même nom. Ceci afin de protester contre la politique de casse sociale mise en oeuvre par N. Sarkozy (…). Chaque jeudi, nos citoyens occupaient le pont et posaient des panneaux/pancartes qu’ils enlevaient dès l’occupation terminée, soit une heure plus tard. drome.pngLe panneau ci-contre vous donne une idée de la gravité de l’affaire et du délit commis ! Car délit, il va y avoir.
Jeudi 12 juin 2008, la police municipale a notifié aux manifestants sans pour autant dresser de PV qu’ils ne pouvaient pas accrocher leurs «panneaux politiques» sur tel mur ou tel poteau. Se pliant à cet impératif, les manifestants ont alors immédiatement posé à terre les dits panneaux aux slogans politiques. Ce qu’ils ont également fait les jeudis suivants. Mais cela n’a pas empêché la police municipale de revenir le 19 juin et cette fois, de verbaliser. Pierre Nicolas est aussi un farouche opposant au fichier base élèves. Qu’il a bien entendu refusé d’alimenter pour ne pas le mettre au service du Maire, «besson» de Sarkozy. (…) Il conteste la validité du PV. C’est pour cette raison qu’il passera le 16 mars prochain à 09H45 au tribunal de Die (26400).

Vous pouvez lui manifester votre soutien en signant la pétition qui vient d’être ouverte en ligne (…).

Tout ce petit manège n’est pas fortuit. C’est en droite ligne de la fameuse “tolérance zéro” et sa théorie sous-jacente, celle de la “vitre brisée” (cf cet article de Loic Wacquant)— l’adage préfabriqué, fort répandu parmi nos élites, qui veut que tout acte d’«incivilité» doit être sanctionné illico, jugeant d’abord l’acte plutôt que l’auteur (contraire à de nombreux principes de notre Droit), pour éviter que le délinquant ne sombre dans le grand banditisme. L’invention rhétorique porte sur le terme même d’incivilité, juridiquement ambigü car il ne repose sur aucune définition légale (d’après ce que j’ai réussi à vérifier — je veux bien être démenti): mentionné dans des décrets, pas dans la loi, donc ni dans le code civil et encore moins dans le code pénal.

Allons encore plus loin : s’il est possible de réprimer l’affichage contestataire, pourquoi ne pas sanctionner le fait de proférer par mégaphone des slogans peu flatteurs dans une manif? Ce n’est même pas une incivilité, c’est dans le code pénal (article R623-2): un PV de 3ème classe pour «bruits ou tapages injurieux» — pas besoin que ce soit la nuit, semble-t-il; l’arme du crime peut même être confisquée sur le champs; et tout le cortège pourrait être verbalisé pour «assistance».
Lisez, c’est écrit:

Les bruits ou tapages injurieux ou nocturnes troublant la tranquillité d’autrui sont punis de l’amende prévue pour les contraventions de la 3e classe.
Les personnes coupables des contraventions prévues au présent article encourent également la peine complémentaire de confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l’infraction.
Le fait de faciliter sciemment, par aide ou assistance, la préparation ou la consommation des contraventions prévues au présent article est puni des mêmes peines.

mercredi 11 février 2009

Personne ne vous demande de faire de la délation

Dans la série les gendarmes sont vos amis, ceux de Sarlat font très fort. Voilà le courrier qu'ils ont adressé aux élus des communes avoisinantes ces jours-ci (cliquez sur l'image pour la voir en grand) :

20090121gendarmerie_002.jpg

L'emphase, en rouge, n'est pas de moi, mais de l'expéditeur, qui l'a envoyé sur une liste mail. C'est édifiant non?
Mais jusqu'ou cela s'arrêtera-t'il ?

PS : si vous avez des trucs croustillants que vous voudriez voir publiés dans cette rubrique, vous pouvez m'écrire ici.

dimanche 01 février 2009

Nouveau témoignage de violences policières

Sans commentaires... je crois que ça parle de soit même ! Police

MON AGRESSION PAR LES GENDARMES LE 29 Janvier 2009

Suite à mon agression par des gendarmes devant le Casino Le Lyon Vert à Charbonnières Les Bains 69 dans lequel se déroulait le repas annuel du CRIJF, je tenais, avant de vous relater les faits, à remercier très sincèrement toutes les personnes qui m'ont apporté des messages de sympathie, d'encouragements et de soutiens dans cette épreuve qui m'a certes amoché physiquement mais renforcé moralement et politiquement et les messages reçus de France et de l'étranger m'ont fait chaud au cœur et renforcé ma détermination à continuer la lutte et à résister à l'oppression et à l'injustice.

Compte tenu des massacres qui ont eu lieu à Gaza et sachant que des hommes et femmes politiques(dont le président du Sénat Mr Larcher) complices par leur silence ou leur approbation allaient venir à ce diner du CRIJF , nous avons voulu manifester notre désapprobation en petit groupe et de manière pacifique.

Arrivés sur les lieux et alors que nous aurions pu nous infiltrer par un petit chemin jusqu'à l'entrée du Casino, nous avions opté pour la transparence et la visibilité et avions marché sur la route principale en direction de l'entrée en commençant à crier nos slogans ; c'est alors que nous avons vus arriver sur nous un groupe de gendarmes très violents qui ont commencé à nous brutaliser, nous bousculer, et tenter de nous enlever les mégaphones , la percussion, en nous repoussant loin de l'entrée qui se trouvait déjà à 100 mètres .

Nous avons expliqué que nous venions mener une action citoyenne non violente qui visait à dénoncer les massacres commis à Gaza et le soutien apporté par le CRIJF à l'action criminelle des sionistes. Les gendarmes ont alors temporisé leurs actions en attendant du renfort , et au bout d'une heure environ on a vu arriver des dizaines de gendarmes , qui étaient alors plus d 'une cinquantaine, pour une vingtaine de manifestants, nous foncer dessus et nous obligeant à reculer pour être à environ 150 mètres (distance exigée d' après eux par le Préfet pour que ces convives puissent manger sans être incommodés par nos slogans) .

Devant cette brutalité et cette violence gratuite que rien ne justifiait , ni le nombre ni l'attitude ni les slogans, ni la proximité du lieu, nous avons expliqué que nous ne faisons rien de mal et qu'on exprimait une opinion politique ; j'ai personnellement pris le mégaphone pour expliquer que c'était une manifestation non violente, qu'on ne devait pas provoquer ou répondre aux provocations et que nous devions nous asseoir, ce que tout le monde a fait. Mais rien n'y fait les gendarmes continuent à charger, à nous transporter un par un et à un moment j'entends l'un d'eux dire « c'est lui, tire le, tire le » et c'est alors que j'ai été arraché du groupe par cinq gendarmes qui m'ont retiré en arrière pendant que leurs collègues en masse ont continué à repousser notre groupe, de façon à ce qu'un rideau de gendarmes se forme entre mes amis (qui ne voyaient plus ce qui se passe) et moi.

C'est alors que le calvaire commence, après m'avoir soulevé en l'air ils m' ont jeté à terre et se sont rués sur moi et m'ont littéralement lynché : une rouée de coups de poing et de pieds qui m'ont mis à terre, j'avais beau crier que je n'avais rien fait que j'étais prêt à les suivre rien n'y faisait , alors que j'étais à plat ventre et que deux gendarmes me tenaient le cou et les épaules à l'arrière , un autre me tenait les jambes et deux autres se sont jetés sur mon dos pour me donner des grands coups de genoux à hauteur des poumons ce qui m'a fait suffoquer , je n'arrivais plus à respirer, ni à crier ni à faire quoi que ce soit, j'ai senti mon visage écrasé sur le goudron par un coup de pied. Après m'avoir menotté les mains dans le dos, ils m'ont relevé pour me mettre dans leur voiture et ont alors réalisé que je n'arrivais pas à respirer et que je commençais à perdre connaissance , j'ai trouvé la force de leur dire que j'avais un flacon de Ventoline dans ma poche et que j'étais asthmatique, et c'est un homme en civil (je pense un de leurs supérieurs) qui l'a pris et m'en a donné pour que je retrouve mon souffle.

Ils m'ont ensuite chargé dans la voiture avec les mains menottées dans le dos en me disant on va t'emmener au poste et on va t'expliquer les choses. Puis à mi chemin ils ont reçu un message dans leur radio et ont fait demi-tour pour me ramener au lieu du rassemblement. Les copains avaient exigé fermement mon retour.

Alors que j'étais souffrant, que je respirai très difficilement et blessé ils m'ont jeté sur la route dans un froid glacial sans répondre à ma demande d'appeler le Samu, j'ai appelé moi-même le 112 qui m'ont orienté sur le Samu qui me dit on vous envoie la Police, j'explique alors que j'ai été agressé par des gendarmes et que j'ai besoin d'une ambulance ou d'un médecin, mais rien n'y fait , on ne verra ni Police ni médecin, un médecin de passage en voiture a voulu s'arrêter pour me soigner et voir mon état, mais les gendarmes l'en ont empêché, et j'a attendu une heure sans couverture sans soins et malgré les appels successifs des manifestants au 15 les pompiers ne sont arrivés qu'une heure après le ;premier appel, et lorsqu 'on leur a demandé depuis combien de temps ils ont été appelés ils nous répondu 5 ou 10 minutes, ce qui veut dire que durant 50 à 55 minutes le Samu n'a pas mobilisé de secours, mettant ainsi ma santé et ma vie en jeu.

J'ai été pris en charge à l'Hopital Saint Joseph à Lyon où j'ai eu droit à 8 jours d'arrêt de travail et 4 jours d'ITT et au constat que j'avais une entorse cervicale, de nombreuses dermabrasions des membres et du visage, avec des atteintes de la colonne vertébrale, une épaule démontée, des douleurs et traces de coups à la tête, un nerf du bras abimé avec la main droite insensible à motié.

La leçon qu'on peut tirer de cette agression, c'est qu'aujourd'hui en France un degré dans l'inacceptable vient d'être franchi par les autorités, qui , après avoir diabolisé et criminalisé des militants , après les avoir chassés du monde du travail et jetés dans la précarité, cherchent à les éliminer physiquement et à les empêcher de parler de certaines causes et en particulier la cause Palestinienne. Il est impératif de réagir avec la plus grande fermeté et de ne pas baisser les bras jusqu'à obtenir la garantie que cette agression ne restera pas impunie et que les droits à dénoncer les crimes et les politiques sionistes soient garantis dans ce pays et partout. L'enjeu consiste donc à tenter de préserver le peu d'espace qu'il reste à notre liberté d'expression , de manifestation et de condamnation de l' infamie et de l'injustice.

Plusieurs organisations , mouvements et associations s'apprêtent à mener des actions pour dénoncer ce que j'ai personnellement subi ainsi que cette atteinte grave aux libertés et à l'intégrité des citoyens . Merci à toutes et à tous , la résistance continue !!!

Abdelaziz Chaambi

mercredi 17 décembre 2008

La nuit sécuritaire

Le 2 décembre 2008, dans une enceinte psychiatrique hospitalière, se saisissant d’un crime pourtant très rare commis par un patient diagnostiqué comme schizophrène, le président Sarkozy a annoncé un plan pour la psychiatrie aux conséquences dévastatrices.

Dans ce discours, les fondements même de la psychiatrie ont été attaqués avec la plus grande brutalité, celle qui amadoue pour mieux exécuter.

Il aura suffi d’un fait divers dramatique pour relancer une politique de la peur dont le projet de centres de rétention de sûreté tout comme les soins sans consentement en ambulatoire sont le parachèvement.

En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant d’une façon calculée la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables.

Alors que les professionnels alertent régulièrement les pouvoirs publics non seulement sur les conditions de plus en plus restrictives de leur capacité de soigner, sur l’inégalité croissante de l’accès aux soins, mais aussi sur la mainmise gestionnaire et technocratique de leurs espaces de travail et d’innovation, une seule réponse leur a été opposée : attention danger, sécurisez, enfermez, obligez, et surtout n’oubliez pas que votre responsabilité sera engagée en cas « de dérapage ».

Un pas vient d’être franchi, l’heure est trop grave pour que la résignation l’emporte. [...]



Cette pétition fait suite au discours du chefaillon sur la psychiatrie. Si je ne suis pas très pétitionnaire, je crois que celle ci est essentielle. Personne ne doit pouvoir dire ''on ne savait pas''!

lundi 01 décembre 2008

À partir de quel moment doit on considérer que l'on vit dans un régime policier ?

PoliceJe suis militant (à gauche. non, encore plus à gauche que ça) depuis pas mal de temps, et, de fait, je suis abonné a une foultitude de listes et de sites web qui relatent les excès sécuritaires et policiers. Alors bien-sur, on pourrait penser que l'interrogation qui me sert de titre est une formule, et que mon regard est baisé par le milieu dans lequel je baigne...

Cependant, malgré ce bain prolongé, je ne me rappelle pas avoir déjà connu une telle conjonction de faits aussi choquants et inquiétants. Ce qui fait que je suis en train (oui oui, en ce moment même, et c'est pourquoi je vous livre mes doutes en pature) de me demander si nous ne sommes pas au moment ou notre système capitaliste vaguement démocratique et teinté de surveillance bascule dans un fonctionnement franchement policier.

Voyez vous même : D'abord, vous avez sûrement entendu parler de ce journaliste humilié et brutalisé par la police. Je croyais que dans une démocratie, on se comportait autrement avec les journalistes, fussent-ils les agents (involontaires?) du spectacle. Ensuite, voici trois témoignages, reçus par emails, que vous avez peut-être manqués (la presse en a parlé, mais c'est resté assez confidentiel, je crois). Je les reproduis in-extenso.

Descente de police dans un lycée du Gers

"Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail quatre gendarmes décidés, accompagnés d'un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j'insiste, on me fait comprendre qu'il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l'ambiance est lourde, menaçante, j'ouvre une fenêtre qu'un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement. Le chien court partout, mord le sac d'un jeune à qui l'on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d'un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l'élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m'impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d'une ironie douteuse fusent. Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d'une heure. Une trentaine d'élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d'enlever leurs chaussettes, l'un d'eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l'élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu'il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l'hosto ! » Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J'apprendrais par la suite qu'aucun événement particulier dans l'établissement ne justifiait une telle descente. La stupeur, l'effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu'ils dramatisent.

Ils m'interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l'abattoir sans réagir : l'effet surprise laisse sans voix, l'effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes. Ensuite, dans la journée, je m'étonne de ne lire l'indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l'intervention normale, d'autres souhaitable. Je me dis qu'en cinquante ans (dont vingt comme prof), je n'ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés subissent l'assaut d'une idéologie dure. Ce qui m'a frappé, au-delà de l'aspect légal ou illégal de la démarche, c'est l'attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d'une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n'y a que des garçons, les félicitant d'avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n'auraient pas agi autrement. C'est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu'ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d'un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes."

Un professeur qui ne manque jamais de faire contre la drogue une prévention qu'il juge intelligente.



Ce témoignage à été diffusé sur France Inter, voici l'enregistrement :



Je ne sais pas pour vous, mais à mes yeux, ça se passe de commentaires. J'ai reçu cet email le 29 novembre, à 17h. À 22h30, j'en recevais un second, pire, si c'est possible.

Les chiens policiers lâchés sur des collégiens

Objet : Un papa un peu bouleversé et très en colère !!!

J’ai eu cette semaine un mail concernant un descente de police dans un lycée du Gers ...On a pu entendre aussi le témoignage sur France inter. J’étais absolument abasourdi par les méthodes utilisées….Mais vous savez parfois on se dit que les gens exagèrent dans leur témoignage…. Bref je reste interrogateur !
Mais voilà que ce WE, j’accueille ma fille Zoé –elle a 13 ans- de retour du collège de Marciac.... Elle me raconte son mercredi au collège....colère à l’intérieur de moi.... révolte...... que faire ???
J’ai demandé à Zoé d’écrire ce qu’elle me disait là. Elle a accepté.

Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle :

« Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.
Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs.
A peine 10 minutes plus tard – nous étions assis-, deux gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous étions, les regardait en nous disant « Ils font leur ronde !?? » . Elle n’était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes... Enfin non, pas exactement !!! Il y avait un monsieur chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait !) et un gendarme très gros.
Le chauve nous a dit : « Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! » Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du « Quand il mord, ça pique ! »
Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités de la classe tandis que le dresseur regardait son chien déjà à l’œuvre. Le chien s’appelait Bigo. Bigo s’est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée.
Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant : « Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires ! » Elle a rangé son sac, s’est levée et s’est apprêtée à sortir mais le dresseur l’a repris vite : « Et ton manteau ! » Elle a rougi et emporté aussi son blouson.
Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors m’attendait une petite troupe de gendarmes... Enfin, non, pas dehors : nous étions entre deux salles de classe.
Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent fini, ils s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je n’étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller les poches par une gendarme.
Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures.
La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe.
C’était à mon tour ! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le regards des deux autres gendarmes.....
Je décris : Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme : « On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte ! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas !!!!!!
Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je n’ai rien !!!! »
La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m’a dit : « tu peux ranger ! ».
J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis repartie en classe après avoir donner le nom du village où j’habite.
De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je lui ai répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j’ai eu du mal à me consacrer au math !
Tout ça c’est ce que j’ai vécu mais mon amie dans la classe à coté m’a aussi raconté.
Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont carrément emmené à l’internat où nous dormons. Le chien s’est acharné sur toutes ses affaires m’a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle connaissait des fumeurs de hash, vue qu’ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le WE dernier elle a assisté à un concert !
Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté.
Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et nous a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le monde.
Une prévention ? Avec des chiens ? Armés comme aujourd’hui ?
Une élève de 4ème nous a dit que le chien s’est jeté sur son sac car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur.
Les profs ne nous en ont pas reparlé....Ils avaient l’air aussi surpris que nous !
Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même question : Que se passe t il ?
Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n’ont pas été directement concernés ! »

Zoé.

Qu’en pensez vous ? Que dois je faire ? Qui parle de violence ?
Il me semble important d’écrire ici que ni personne du collège a juger important de communiquer sur ces faits( ???). Nous sommes lundi 24/11/2008, il est 15h30 et si Zoé ne m’en avait pas parlé, je n’en saurais rien. Combien de parents sont au courant ?

Les enfants « victimes » -et je pèse ce mot- de ces actes sont en 4ème et 3ème.
Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n’en reviens pas….

Frédéric

2008-11-26 23:17:51



Cette fois-çi, il s'agit de collégien, et les agissement policiers sont qualifiés de prévention. Je suis abasourdi. Et voila qu'aujourd'hui, à 13h, je reçois un nouvel email, ou l'on franchis un nouveau seuil dans la violence de la police face à la population...

Des enfants raflés à l'école

La police contre les enfants

Objet : FAITES LE SAVOIR : Une première en Isère : des enfants raflés à l'école

Une première en Isère : des enfants raflés à l'école

Bonsoir,
Hier s'est produit un fait très grave à l'école du Jardin de Ville, à Grenoble. A 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l'école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour "un rendez-vous en préfecture", ont compris les enseignants. A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon. Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir. On a réussi à les joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui, rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre que la CIMADE, seule association ayant le droit d'entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour l'aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard. Nous n'avons rien pu faire, nous attendions que les militants des la Cimade comprennent la situation de la famille, afin de pouvoir les aider en connaissance de cause. Ils ont été expulsés ce matin.
Leurs chaises d'école resteront vides.
C'est une première en Isère : la traque des étranger-e-s pénètre dans les écoles.
Les seuls enfants en situation irrégulière sont ceux qui ne sont pas à l'école.

Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible. Personne ne doit pouvoir dire "on ne savait pas".
Merci,

Emmanuelle, pour le Réseau Education Sans Frontières 38



Je doute encore, comme je l'ai dit plus haut. (non pas de la véracité des faits, mais de la bascule, ou non, dans un système franchement policier). Cependant, récapitulons :

  • La police brutalise et humilie un (pour ce genre de chose, je ne croit pas qu'il soit trés pertinent de distinguer le singulier du pluriel...) journaliste,
  • La police fait intervenir ses chiens dans les classes, menace les enfants, sans avertir les professeurs, et cela dés le collège, avec des enfant de 13 ans. Ces agissements sont nommés prévention,
  • La police, sous un prétexte vraisemblablement mensonger, arrête des enfants dans les salles de classe, et les enferme, avec leur parents, dans des prisons spécifiques et réservés aux étrangers, avant de les expulser,
  • Hormis pour le cas du journaliste (et encore, bien peu) pas de réactions des autorités, pas d'explications ni de réprobations des tenants du pouvoir, atonie de la classe politique, même dans la dites opposition



Personnellement, tout cela m'angoisse au plus haut point... D'autant que ce ne sont que quelques événements parmi d'autres, une longue litanie d'autres cas similaires. Le tout dans une période ou l'on abaisse (encore!) l'âge auquel les enfants font pouvoir être emprisonnés, ou l'on crée la possibilité d'emprisonner les gens potentiellement dangereux, ou l'on demande à des personnels médicaux et soignants d'enfermer des malades (oui, je pense au schizophrène meurtrier de grenoble), etc, etc...

Ça paraîtra sans doute pompeux ou ridicule, ou les deux, mais tant pis. Je déclare publiquement :

  • Qu'a mes yeux, ces événements ne peuvent se produire dans une démocratie sans que la hiérarchie des policiers en question ne les sanctionnent sévèrement, et que la justice répare les préjudices subis par les victimes,
  • Que je ne reconnais aucune légitimité, ni aucune autorité à une loi, un gouvernement, une classe politique, et plus généralement, à un pouvoir qui permet de telles exactions,
  • Que chaque fois que je serais en mesure de le faire, je tenterais, par les moyens qui me semblerons les plus adaptés, d'empêcher ce type d'agissement



Et bien sur, j'invite chacun à faire de même, bien que je ne me leurre pas sur la faible portée de ma petite voix et de mes petits bras. N'hésitez bien sur pas à relayer ces infos et à en informer le plus grand nombre.