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vendredi 13 février 2009

Pourquoi les militants délaissent les médias libres au profit des groupes capitalistes ?

Je vous copie ici un email[1] que j'ai envoyé sur une liste interne de rezo.net[2], et qui réunis des gens s'intéressant, de fait, au rapport du politique avec les moyens modernes de communication, et avec la liberté (comme, notamment, dans logiciel libre).

La discussion portait en particulier sur l'incohérence des milieux militants[3] , qui peinent à utiliser les solutions de communication et de publication libre, au profit des nombreux avatars du capitalisme gratuit sur internet : google, gmail, blogger et leurs équivalents. Les coupables probables semblaient devoir être, selon les intervenants, les masses militantes mal informées et incohérentes, les geeks libristes à poil dur incompréhensibles, ou bien encore l'immense avance technologique des méchants[4]

1968-mai-Information-libre.jpg

Je me permet de copier ici le contenu de mon intervention, simplement parce-que mon avis me semble un peu en rupture avec ces lieux commun, et que s'appuyant sur ma petite expérience tirée de l'aventure Effraie.org, ce ne sont pas de pures spéculations, mais c'est un peu étayé empiriquement.

Bien sur, je ne prétend pas détenir la vérité[5], et si vous voulez en débattre, je serais ravi de le faire dans les commentaires de ce billet.

Je viens de lire votre fil, et j'ai envie d'intervenir, même si peu d'entre vous doivent me connaître. je suis le type qui filtre (à la main...) les mails que {spamassassin,dspam,whatever} n'arrive pas a empêcher d'aboutir.

Ma petite expérience est (peut-être) intéressante.

Je voudrais m'inscrire en faux avec la plupart des choses qui sont dites ici, ou tout du moins, ce que j'en comprend.
Non, à mon avis, ce n'est pas dur de concurrencer gmail, ni wordpress(.com),ni tout ces trucs là.
Non, à mon avis, il n'y a pas de problème de fond, ou d'abêtissement des militants.
Non, les dérives technicistes des geeks libristes ne sont pas un obstacle majeur à l'utilisation de médias libres dans le "reste" de la classe qui lutte.
J'ai cru ça longtemps, et j'ai changé d'avis (peut-être à tort?).

Libriste convaincu, j'ai prêché la "bonne parole" dans tout les milieux militants que j'ai fréquenté. J'ai monté un "hacklab" dans un squat parisien, expulsé depuis, etc, etc.
Tout les gauchistes que j'ai croisé étaient d'accord avec moi, il fallait libérer ses moyens de communications informatique, et la majeur partie d'entre eux continuaient comme en 40 avec leur @hotmail.evil et leur blogspot.kipu
J'ai monopolisé des AG pour emmerder le monde avec mes listes sur mailman à la place de yahoo, et mes sites sous spip chez altern à la place de blogspot chez gougeule.
Encore une fois, tout le monde était d'accord, mais rien ne changeait.

Et puis un jour, je me suis dit que c'était marre, et j'ai fait mon petit serveur perso derrière ma machinbox dans mon coin. C'est pas dur,
Enfin, pas très dur. Je ne suis pas un codeur (en fait, mon secteur, c'est la pédo-psy). Je suis infoutu de faire 3 ligne de php. Mais j'ai lu quelques page de man, quelques tutoriels, et je n'ai pas été trop ambitieux.

Petit a petit, quelque potes m'ont demandé si je pouvais héberger leur mail, leur site, leur listes... et j'ai dit oui. c'était un peu osé, un peu bancal, mal backupé[6]... mais je l'ai fait, et on s'est dit qu'on pouvait très bien s'organiser comme on le faisait d'habitude : petit effectif, autogestion, consensus, cooptation...
On à pas parlé de technique, c'était pas ça le problème.

On a juste créé une page : http://effraie.org/ qui expliquait succinctement notre idée, et depuis, ça marche.
A ce jour, on doit héberger une 60aine de sites, une centaine de boites mail, et peut-être 50 listes. Mais surtout, dans le tas, quelques un se sont intéressés au bidule, et ont voulu faire pareil, et font aussi tourner leur petit serveur@home, avec le même type de fonctionnement.

Bon, ça fait un peu moi-je moi-je, tout ça, mais c'est pour illustrer mon idée : on peut, me semble-t'il, parfaitement concurrencer google et tout ça, si on a pas l'ambition d'être des "gros" acteurs.
On a pas l'intention de grossir beaucoup plus, mais on a bien envie d'être un terrain d'expérience pour que d'autres "non codeurs" osent faire apt-get install apache2 et lire un peu le fichier de configuration.
A petite échelle, le spam, ça se gère très bien, et aider quelqu'un a installer son blog, quand on a que quelques utilisateurs, c'est pas dur, et il saura le refaire tout seul.

Finalement, j'ai l'impression que le principal obstacle, c'est le narcissisme (rien de péjoratif la dedans) de chacun : on veut rendre le même service que google, on veut tout automatiser, on veut convertir les masses (dixit les "codeurs"), on refuse de voir que ce ne serait pas si dur de changer d'habitudes (dixit les "autres").
Dans tout ça, c'est l'humain qui est oublié, ainsi que nos propres capacités d'auto-organisation qui sont invalidées. On se cantonne dans la plainte, au lieu de faire le peu dont on est capable.

Voila, c'était mes trois sous : pas se lancer à l'assaut de l'everest, mais plutôt de la colline à côté.
Arrêter de se plaindre des autres, mais plutôt essayer de bricoler un serveur dans son salon (ou dans l'appart du pote qui a un placard qui va bien).
Par la pratique, on rend bien mieux compte de l'intérêt politique de ces solutions là qu'en tenant des grand discours techniques ou politiques.
Et la contagion, petit à petit, se fait.

En espérant que ce mail écrit à la va vite, et sans peser chaque mot ne vexe personne.

des bises,

Mathieu.



Notes

[1] corrigé cependant pour ce qui est de la syntaxe et de l'orthographe, deux domaines dans lequel je suis assez mauvais en fin de journée..

[2] Le portail des copains : sans doute une des plus belles réussites du web militant francophone, et aussi l'indispensable pilier des listes de discussions libres en français

[3] de gauche, ça va de soit, et de la gauche de la gauche en particulier

[4] bien sur, je résume de façon caricaturale, merci de ne pas croire que je fréquente réellement des abrutis capables de pareils raccourcis...

[5] non, ce n'est pas 42

[6] on a progressé depuis ;)

lundi 01 décembre 2008

À partir de quel moment doit on considérer que l'on vit dans un régime policier ?

PoliceJe suis militant (à gauche. non, encore plus à gauche que ça) depuis pas mal de temps, et, de fait, je suis abonné a une foultitude de listes et de sites web qui relatent les excès sécuritaires et policiers. Alors bien-sur, on pourrait penser que l'interrogation qui me sert de titre est une formule, et que mon regard est baisé par le milieu dans lequel je baigne...

Cependant, malgré ce bain prolongé, je ne me rappelle pas avoir déjà connu une telle conjonction de faits aussi choquants et inquiétants. Ce qui fait que je suis en train (oui oui, en ce moment même, et c'est pourquoi je vous livre mes doutes en pature) de me demander si nous ne sommes pas au moment ou notre système capitaliste vaguement démocratique et teinté de surveillance bascule dans un fonctionnement franchement policier.

Voyez vous même : D'abord, vous avez sûrement entendu parler de ce journaliste humilié et brutalisé par la police. Je croyais que dans une démocratie, on se comportait autrement avec les journalistes, fussent-ils les agents (involontaires?) du spectacle. Ensuite, voici trois témoignages, reçus par emails, que vous avez peut-être manqués (la presse en a parlé, mais c'est resté assez confidentiel, je crois). Je les reproduis in-extenso.

Descente de police dans un lycée du Gers

"Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail quatre gendarmes décidés, accompagnés d'un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j'insiste, on me fait comprendre qu'il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l'ambiance est lourde, menaçante, j'ouvre une fenêtre qu'un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement. Le chien court partout, mord le sac d'un jeune à qui l'on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d'un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l'élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m'impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d'une ironie douteuse fusent. Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d'une heure. Une trentaine d'élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d'enlever leurs chaussettes, l'un d'eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l'élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu'il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l'hosto ! » Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J'apprendrais par la suite qu'aucun événement particulier dans l'établissement ne justifiait une telle descente. La stupeur, l'effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu'ils dramatisent.

Ils m'interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l'abattoir sans réagir : l'effet surprise laisse sans voix, l'effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes. Ensuite, dans la journée, je m'étonne de ne lire l'indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l'intervention normale, d'autres souhaitable. Je me dis qu'en cinquante ans (dont vingt comme prof), je n'ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés subissent l'assaut d'une idéologie dure. Ce qui m'a frappé, au-delà de l'aspect légal ou illégal de la démarche, c'est l'attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d'une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n'y a que des garçons, les félicitant d'avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n'auraient pas agi autrement. C'est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu'ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d'un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes."

Un professeur qui ne manque jamais de faire contre la drogue une prévention qu'il juge intelligente.



Ce témoignage à été diffusé sur France Inter, voici l'enregistrement :



Je ne sais pas pour vous, mais à mes yeux, ça se passe de commentaires. J'ai reçu cet email le 29 novembre, à 17h. À 22h30, j'en recevais un second, pire, si c'est possible.

Les chiens policiers lâchés sur des collégiens

Objet : Un papa un peu bouleversé et très en colère !!!

J’ai eu cette semaine un mail concernant un descente de police dans un lycée du Gers ...On a pu entendre aussi le témoignage sur France inter. J’étais absolument abasourdi par les méthodes utilisées….Mais vous savez parfois on se dit que les gens exagèrent dans leur témoignage…. Bref je reste interrogateur !
Mais voilà que ce WE, j’accueille ma fille Zoé –elle a 13 ans- de retour du collège de Marciac.... Elle me raconte son mercredi au collège....colère à l’intérieur de moi.... révolte...... que faire ???
J’ai demandé à Zoé d’écrire ce qu’elle me disait là. Elle a accepté.

Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle :

« Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.
Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs.
A peine 10 minutes plus tard – nous étions assis-, deux gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous étions, les regardait en nous disant « Ils font leur ronde !?? » . Elle n’était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes... Enfin non, pas exactement !!! Il y avait un monsieur chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait !) et un gendarme très gros.
Le chauve nous a dit : « Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! » Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du « Quand il mord, ça pique ! »
Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités de la classe tandis que le dresseur regardait son chien déjà à l’œuvre. Le chien s’appelait Bigo. Bigo s’est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée.
Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant : « Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires ! » Elle a rangé son sac, s’est levée et s’est apprêtée à sortir mais le dresseur l’a repris vite : « Et ton manteau ! » Elle a rougi et emporté aussi son blouson.
Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors m’attendait une petite troupe de gendarmes... Enfin, non, pas dehors : nous étions entre deux salles de classe.
Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent fini, ils s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je n’étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller les poches par une gendarme.
Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures.
La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe.
C’était à mon tour ! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le regards des deux autres gendarmes.....
Je décris : Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme : « On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte ! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas !!!!!!
Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je n’ai rien !!!! »
La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m’a dit : « tu peux ranger ! ».
J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis repartie en classe après avoir donner le nom du village où j’habite.
De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je lui ai répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j’ai eu du mal à me consacrer au math !
Tout ça c’est ce que j’ai vécu mais mon amie dans la classe à coté m’a aussi raconté.
Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont carrément emmené à l’internat où nous dormons. Le chien s’est acharné sur toutes ses affaires m’a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle connaissait des fumeurs de hash, vue qu’ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le WE dernier elle a assisté à un concert !
Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté.
Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et nous a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le monde.
Une prévention ? Avec des chiens ? Armés comme aujourd’hui ?
Une élève de 4ème nous a dit que le chien s’est jeté sur son sac car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur.
Les profs ne nous en ont pas reparlé....Ils avaient l’air aussi surpris que nous !
Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même question : Que se passe t il ?
Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n’ont pas été directement concernés ! »

Zoé.

Qu’en pensez vous ? Que dois je faire ? Qui parle de violence ?
Il me semble important d’écrire ici que ni personne du collège a juger important de communiquer sur ces faits( ???). Nous sommes lundi 24/11/2008, il est 15h30 et si Zoé ne m’en avait pas parlé, je n’en saurais rien. Combien de parents sont au courant ?

Les enfants « victimes » -et je pèse ce mot- de ces actes sont en 4ème et 3ème.
Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n’en reviens pas….

Frédéric

2008-11-26 23:17:51



Cette fois-çi, il s'agit de collégien, et les agissement policiers sont qualifiés de prévention. Je suis abasourdi. Et voila qu'aujourd'hui, à 13h, je reçois un nouvel email, ou l'on franchis un nouveau seuil dans la violence de la police face à la population...

Des enfants raflés à l'école

La police contre les enfants

Objet : FAITES LE SAVOIR : Une première en Isère : des enfants raflés à l'école

Une première en Isère : des enfants raflés à l'école

Bonsoir,
Hier s'est produit un fait très grave à l'école du Jardin de Ville, à Grenoble. A 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l'école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour "un rendez-vous en préfecture", ont compris les enseignants. A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon. Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir. On a réussi à les joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui, rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre que la CIMADE, seule association ayant le droit d'entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour l'aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard. Nous n'avons rien pu faire, nous attendions que les militants des la Cimade comprennent la situation de la famille, afin de pouvoir les aider en connaissance de cause. Ils ont été expulsés ce matin.
Leurs chaises d'école resteront vides.
C'est une première en Isère : la traque des étranger-e-s pénètre dans les écoles.
Les seuls enfants en situation irrégulière sont ceux qui ne sont pas à l'école.

Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible. Personne ne doit pouvoir dire "on ne savait pas".
Merci,

Emmanuelle, pour le Réseau Education Sans Frontières 38



Je doute encore, comme je l'ai dit plus haut. (non pas de la véracité des faits, mais de la bascule, ou non, dans un système franchement policier). Cependant, récapitulons :

  • La police brutalise et humilie un (pour ce genre de chose, je ne croit pas qu'il soit trés pertinent de distinguer le singulier du pluriel...) journaliste,
  • La police fait intervenir ses chiens dans les classes, menace les enfants, sans avertir les professeurs, et cela dés le collège, avec des enfant de 13 ans. Ces agissements sont nommés prévention,
  • La police, sous un prétexte vraisemblablement mensonger, arrête des enfants dans les salles de classe, et les enferme, avec leur parents, dans des prisons spécifiques et réservés aux étrangers, avant de les expulser,
  • Hormis pour le cas du journaliste (et encore, bien peu) pas de réactions des autorités, pas d'explications ni de réprobations des tenants du pouvoir, atonie de la classe politique, même dans la dites opposition



Personnellement, tout cela m'angoisse au plus haut point... D'autant que ce ne sont que quelques événements parmi d'autres, une longue litanie d'autres cas similaires. Le tout dans une période ou l'on abaisse (encore!) l'âge auquel les enfants font pouvoir être emprisonnés, ou l'on crée la possibilité d'emprisonner les gens potentiellement dangereux, ou l'on demande à des personnels médicaux et soignants d'enfermer des malades (oui, je pense au schizophrène meurtrier de grenoble), etc, etc...

Ça paraîtra sans doute pompeux ou ridicule, ou les deux, mais tant pis. Je déclare publiquement :

  • Qu'a mes yeux, ces événements ne peuvent se produire dans une démocratie sans que la hiérarchie des policiers en question ne les sanctionnent sévèrement, et que la justice répare les préjudices subis par les victimes,
  • Que je ne reconnais aucune légitimité, ni aucune autorité à une loi, un gouvernement, une classe politique, et plus généralement, à un pouvoir qui permet de telles exactions,
  • Que chaque fois que je serais en mesure de le faire, je tenterais, par les moyens qui me semblerons les plus adaptés, d'empêcher ce type d'agissement



Et bien sur, j'invite chacun à faire de même, bien que je ne me leurre pas sur la faible portée de ma petite voix et de mes petits bras. N'hésitez bien sur pas à relayer ces infos et à en informer le plus grand nombre.

lundi 24 novembre 2008

Internet est dangereux, Nadine Morano veille sur votre sécurité

J'apprends sur rue89 que la charmante Nadine Morano (secrétaire d'état à la famille), s'apprête a faire diffuser le clip ci-dessous sur les chaînes hertziennes et TNT. Un pareil obscurantisme fait froid dans le dos.
Je vous laisse vous régaler :


La sécurité des enfants et des adolescents sur internet - clip gouvernemental



Entre la casse de l'éducation nationale, la volonté de faire payer la redevance télé à ceux qui ne l'ont pas (la télé), ça, et sans doute d'autre trucs qui m'échappent (sans parler de la bienveillance accordé aux pratiques illégales des plus gros pourvoyeur d'informatique ''grand public'') notre classe dirigeante peut se targuer de mener une politique propice à l'émancipation intellectuelle de ses administrés, et à l'avancée de la connaissance...

Et dire que ces gens se disent libéraux... C'est à pleurer!

samedi 28 juin 2008

Test terrain d'un déplacement ministériel

hier, j'ai acheté une nouvelle optique pour mon APN, et je suis allé aujourd'hui aux Buttes-Chaumonts pour l'essayer sur le terrain.
Comme il s'agit d'un objectif macro[1], je suis allé faire de la macro. Dans ce domaine, il se débrouille très bien, jugez en.

Mais au moment de repartir, (à vélo, j'habite le quartier), quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur un attroupement, devant la porte principale du parc, de badauds, de journalistes, de flics et de types louches et baraqués avec des lunettes de soleil, des oreillettes, et les mâchoires crispées.

Flairant l'événement, et ne reculant devant aucun sacrifice rien bref!, je décide de rester là, pour tester ce nouvel objectif dans d'autres conditions.

Après quelques minutes à prendre un bain de foule, je comprend que suite au fait divers de la semaine précédente, MAM viens nous rendre visite...
La suite en images, c'est plus parlant:
( Toutes les images de ce billet sont sous licence CC-by-nc-sa - vous pouvez cliquer dessus pour les voir en grand)

  • Les ministres, ça porte chance: j'ai les trois télés!

TF1
france 2
3 télés!

  • La rue est bloquée, l'entrée du parc gardée par une dizaines de flics aux hormones: une limousine noire s'avance, madame le ministre en descend. la foule se transforme en grappe, autour d'elle. c'est assez impressionnant! J'imagine que les ministres sont un peu comme les aimants, ils attirent tout ceux qui sont dans leur champ magnétique. juché sur un plot de béton, je profite de ma relativement longue focale (l'équivalent d'un 150mm) pour prendre un peu de large et commencer a tester l'autofocus. MAM salut les officiels présents (le maire du 19°, visiblement, et quelques autres, je n'ai pas repéré qui) et quelques flics.

arrivée (observez les molosses)

Cabot Visiblement très à son aise dans cette foule, MAM cabotine

  • À partir de ce moment là, MAM va faire un tour[2] dans le parc, allant saluer tour à tour des enfants, des flics, une mère, des flics, un groupe de jeunes portant la kippa, des flics... Elle semble n'avoir pas d'autre but que de donner aux nombreux photographes et équipes de télé présents des images médiatiquement conforme aux motifs de sa venue, et elle le fait bien... Entre les 2 photos qui suivent, prisent à quelques secondes d'intervalle, MAM à vue compris que je la photographiait:

salut les flics!
cheese!

  • Après avoir un temps emboîté le pas à la grappe humaine autour de la ministre, je finis par trouver l'air irrespirable, et je m'éloigne pour prendre quelques clichés d'ambiance : voila à quoi ressemble la grappe.

grappe

  • Plus on s'éloigne de l'épicentre, et plus la concentration de flic diminue, et moins leur uniforme est prestigieux. celui là, il a l'air triste. Je ne sais pas si c'est parce qu'il s'ennuie ou si c'est a cause du badaud, qui, après lui avoir demandé pourquoi tout ce monde, et s'être entendu répondre que c'était a cause de la venue de MAM s'est écrié «ah, je me disait bien, vous n'êtes pas là, d'habitude!»

flic triste

Après ça, j'ai filé... ça laisse une drôle d'impression: la ministre est venue ne rien faire d'autre qu'une représentation médiatique, et visiblement, personne n'est dupe. Pourtant, ça fonctionne. Bon, c'est pas comme si c'était une surprise, mais ça fait un drôle d'effet de l'éprouver dans la réalité.

Ah, et sinon, je suis bien content de ce 105VR :)

Notes

[1] le Micro-Nikkor AF-S VR 105 mm f/2.8G

[2] minuscule: 50 mètres dans un sens, 50 mètres dans l'autre...