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dimanche 04 mai 2008

En vrac

Et oui, moi aussi je peux bloguer des liens ;) d'ailleurs, ce billet est un clin d'œil a certains (qui se reconnaîtront!). Les autres risquent d'être déçus par le contenu...





je crois que c'est tout!

vendredi 02 mai 2008

[Revue de Web] Les mots sont importants

Après une petite pause, je continue ma revue-de-web avec un site que je trouve particulièrement intéressant: http://lmsi.org/.

lmsi C'est cet article, à propos du retour de la morale dans les programmes scolaires, qui m'a décidé à vous le présenter.
Pour vous le présentez, je ne vais pas ré-inventer l'eau tiède, il y a un encart très explicite en 1° page:

Préambule

Les mots sont importants : vivre dans l’omission de cette évidence laisse la voie libre aux plus lourds stéréotypes, amalgames, sophismes et présupposés clôturant la pensée et la création mieux que ne le ferait la plus efficace des censures.

Il n’est évidemment pas question pour nous de dicter la bonne manière de penser ou de parler, pas plus que de dresser une liste des mots interdits. Mais si nous ne prétendons pas connaître la bonne façon de parler, nous considérons qu’il y en a indéniablement de mauvaises.

C’est l’analyse de certaines d’entre elles que nous proposons sur ce site, en soulignant l’ampleur et la gravité de leurs effets : entretien des préjugés et des politiques racistes ; légitimation de l’oppression dite « sécuritaire » ; euphémisation de nombreuses violences, notamment étatiques ; occultation des questions dites « mineures » comme le sexisme ou l’homophobie ; triomphe du mépris de classe et de la « guerre des civilisations »...

Contact : contact.lmsi AT hotmail.fr

Collectif Les mots sont importants



Si vous voulez vous faire plaisir, vous pouvez commencer la lecture avec la sous-rubrique: Charlie-Hebdo, la vieillesse est un naufrage, dont certains articles sont particulièrement affûtés.
Encore un site qui trouvera tout naturellement sa place dans votre aggrégateur!

PS: je viens de passer ce blog à la version RC1, c'est que du bonheur!

mercredi 09 avril 2008

Calibration d'écran, profil ICC et gestion des couleurs sous Ubuntu

Ceux d'entre vous qui suivent savent que je m'intéressent à la photo numérique, et en particulier à sa pratique sur notre plate-forme préférée: GNU/Linux.

Mon dernier billet important sur le sujet, Flux de travail numérique pour le photographe sous Ubuntu, tentait de montrer comment il était possible d'utiliser des outils, si ce n'est professionnels, au moins des très haut niveau pour gérer son workflow sous ubuntu.
Cependant, la question de la calibration de l'écran, et donc de la gestion des couleurs semblait poser quelques problèmes, et les solutions que j'avançais à l'époque n'étaient que des bricolages.

Je ferais prochainement un billet (à jour) plus extensif sur la gestion de mon flux, depuis la prise de vue jusqu'à la publication web et/ou l'impression, mais je n'en ai pas le temps ni le courage immédiatement. Je vais donc me contenter d'expliquer la démarche que j'ai suivie pour calibrer mon écran, entièrement sous GNU/Linux (Ubuntu Hardy Heron, mais ça devrait être facilement transposable sous n'importe quelle distribution), parce que j'imagine que ça intéressera fortement un certains nombre...

Pré-requis

  • Argyll Color Management System : Ce logiciel, bien qu' austère et peu engageant, est aujourd'hui ce qui se fait de mieux pour la gestion des couleurs. le site web est explicite: il s'agit d'une collection de codes sources, qui, une fois compilés, fournissent des outils en lignes de commandes permettant, de façon quasi exhaustive, de calibrer toute une chaîne graphique.
  • Une sonde colorimétrique reconnue par Argyll. La liste du matériel supporté est disponible ici. Je me suis servi de la version 0.70 Beta 8, pour profiter du support de la sonde Spyder 2 de colorvision, un des matériel les plus répandu dans le grand public, et surtout, un des moins chers (j'ai acheté la mienne 70€ d'occasion). Inutile de payer plus cher une version «pro», seul le logiciel change, et seule la sonde (matériel) nous sera utile sous GNU/Linux
  • Un écran...

Procédure

Installation de Argyll 0.70 Beta 8

Argyll est un logiciel non-présent dans les dépôt, et d'usage très spécifique.. inutile de l'installer si vous n'en avez pas vraiment besoin, vous risqueriez d'abîmer quelque chose sur votre beau système.

J'ai choisi d'utiliser la version précompilée de Argyll: inutile de se compliquer la tâche pour un logiciel si spécifique. L'installation est donc très simple: il suffit de télécharger cette archive, de l'extraire, et de placer le contenu de son répertoire bin/ dans votre $PATH (personnellement, j'ai choisi /home/effraie/bin , mais libre à vous de faire autre chose, /usr/local/bin étant par exemple tout indiqué.

Le firmware de la sonde Spyder2 étant propriétaire, il n'est pas inclus dans Argyll, et il vous faudra l'extraire. c'est trés simple, et ça se fait en 2 étapes:

  • introduire le cd d'installation de la sonde dans votre lecteur,
  • tapez simplement spyd2en dans une console pour extraire le firmware et l'injecter dans Argyll

Votre sonde Spyder2 devrait désormais être utilisable! Passons donc aux choses sérieuse, la calibration (et la caractérisation) de l'écran proprement dit.

spyder2

Argyll est un outil en ligne de commande, mais pas si compliqué à utiliser, finalement. Enfin, au moins quand, comme moi, on se contente de l'utiliser pour un usage basique, parce qu'il embarque tout un tas d'outils dont je ne saurait que faire...

Voici donc les étapes que je suivie, avec (quelques) détails:

Je me suis placé dans les conditions de luminosités qui sont celles dans lesquelles je travaille mes images (généralement), et j'ai fait le vide sur mon Desktop. Ensuite:

  • Branchez la sonde a une prise USB,
  • sudo chmod 777 -R /dev/bus/usb pour avoir accés, comme simple utilisateur, au bus USB. (il y a sans doute plus élégant, mais là n'est pas le propos),
  • dispcal -v -qm -yl mon_profil (-v pour le mode verbeux, -qm pour une qualité moyenne, -yl pour un écran LCD (-yc pour un CRT) et mon_profil, pour le nom a donner au profil (et aux fichiers intermédiaires). Un patch noir appariait a l'écran, sur lequel placer la sonde, et vous devriez avoir cet affichage dans votre console:
Setting up the instrument
Instrument Type:   Spyder 2
Serial Number:     00617511
Hardwar version:   0x0307
Place instrument on test window.
Hit Esc, ^C or Q to give up, any other key to continue:

  • Tapez donc entrée après avoir placé la sonde, et vous voila avec le menu suivant:
Display adjustment menu:
Press 1 .. 7
1) Black level (CRT: Brightness)
2) White point (Color temperature, R,G,B, Gain)
3) White level (CRT: Contrast, LCD: Brightness)
4) Black point (R,G,B, Offset)
5) Check all
6) Continue on to calibration
7) Exit

Ayant un écran cheap de portable, je suis passé directement à l'étape 6, mais si vous avez des contrôle manuels sur votre écrans, passer par les autres étapes n'est sans doute pas un luxe!

  • Dispcal va afficher et mesurer toute une série de patch de différente couleur, et produire un fichier mon_profil.cal. c'est un peu long, c'est normal.
  • On tape targen -v -d3 -f500 mon_profil, ce qui va générer un fichier mon_profil.ti1 contenant les nouveau patches à mesurer. Cette étape est très rapide.
  • On va maintenant utiliser la commande dispread -v -yl -k mon_profil.cal mon_profil qui va produire un fichier mon_profil.ti3. Cette étape est assez longue également.
  • On peut désormais retirer la sonde l'écran, et générer le profil lui même: profile -v -A "Fabricant de l'écran" -M "modèle de l'écran" -D "la date" -qm -as mon_profil qui va produire un (précieux!) fichier mon_profil.icc
  • On charge le profil dans X avec la commande dispwin /chemin/vers/mon_profil.icc (et on le décharge avec dispwin -c mais ça n'a aucun intérêt ;) ). Votre écran devrait prendre une surprenante teinte jaunâtre, (c'est normal mais moche). Votre écran est désormais calibré, et vous n'avez plus qu'à configurer correctement vos application (supportant les couleurs gérées, comme bibble, ou le dernier gimp). Attention, si vous utilisez un économiseur d'écran, celui ci déchargera le profil. Pensez à le recharger (ou à désactiver l'économiseur d'écran).



Mille merci à Jcornuz pour ses précieuse informations, et bienvenu dans le monde merveilleux des couleurs gérées sous GNU/Linux!

jeudi 28 février 2008

Rachida Dati persiste et signe...

Décidément, ils ne semblent pas très respectueux des institutions, au gouvernement...

Rachida Dati déclarait aujourd'hui même, au site d'information Rue89 (l'emphase est de moi) :

Les criminels condamnés, reconnus comme dangereux au sens criminologique (souffrant de troubles graves du comportement) à l'issue de leur peine, c'est-à-dire avec une forte probabilité de récidive, seront désormais placés par une décision judiciaire dans ces nouveaux centres de soins fermés.



Il me semblait que c'était pourtant précisément ce point là que le conseil constitutionnel à retoqué il y a quelque jour a peine, dans une décision par ailleurs plutôt favorable a ce projet de loi inique aberrant stupide démagogique de droite.

Il faut donc croire que tout est normal...

samedi 16 février 2008

Prochaine session: Vim

Qui n'est jamais passé par là... Démarrage de vim (généralement par un complet hasard), râleries parce que cet éditeur bizarre n'a pas l'air de marcher (jusqu'à ce qu'on tombe sur la bonne touche, mais sans comprendre ce qui s'est passé), et fermeture violente de console parce qu'impossible de trouver comment sortir de l'éditeur :)

C'est Yannick LM qui sera le professeur pour la session classroom sur vim. Elle se déroulera le vendredi 22 février à 20 heures (heure métropolitaine, 19H00 UTC), sur le canal #u-classroom du réseau irc freenode.

Aucun pré-requis n'est nécessaire à ce cours, si ce n'est une installation du logiciel ('sudo apt-get install vim' pour debian et dérivés).

Une fois vim maîtrisé, vous ne verrez plus votre console du même œil ! Et vous pourrez profiter de la seconde session (dont la date sera donnée ultérieurement).

A bientôt sur #u-classroom !

Via u-classroom, en attendant que celui ci soit validé pour l'agrégation sur www.planet-libre.org

dimanche 10 février 2008

Un script python pour calculer l'Hyperfocale (MAJ)

Je viens de mettre à jour le script hyperfocale... une version 0.2, en quelque sorte. Il est toujours disponible ici, et calcule désormais, en fonction de la distance du point: la distance du 1° et du dernier plan net, et la profondeur de champ.

Hyperfocale v0.2

Lisez le billet précédent si vous avez besoin de plus de détails.

Un script python pour calculer l'Hyperfocale

Jusqu'ici, lorsque je souhaitais calculer la valeur hyperfocale d'un objectif, je me reportais en général a une applet mal fichue sur un site web, ou bien je sortais ma calculatrice.

A force, c'est un peu lassant, et aujourd'hui, avec l'aide de quelques petits camarades, j'ai écris un petit script python qui fait ça à ma place. Pour l'utiliser, sauvegardez simplement ce script et exécutez le.

Chez moi ça donne:

hyperfocale.py

Voici le contenu du fichier:

#!/usr/bin/env python
# -*- coding: UTF8 -*-
#Copyright Mathieu Rousseau - mathieu_AT_effraie_DOT_org
#Programme sous licence WTFPL - http://sam.zoy.org/wtfpl/COPYING

# Choisissez ici la valeur adaptée à votre boitier (reflex numérique par défaut) #
####################################################
#APS (reflex numériques):
confusion_circle = 0.02
#24x36 (reflex argentiques, numériques Full Frame...)
#confusion_circle = 0.03
#Film 6x6
#confusion_circle = 0.05
#Film 4x5
#confusion_circle = 0.01

f = raw_input("Quelle focale (en millimétres )? ")
focale = float(f)
d = raw_input("Quel diaphragme ? ")
diaph = float(d)
hyperfocale = ((focale*focale)/(diaph*confusion_circle))/1000
print "Pour ce couple focale/diaphragme, l'hyperfocale est de : %.2f mètres. La zone de netteté s'étendra de %.2f mètres à l'infini." % (hyperfocale, hyperfocale/2)



Si vous utilisez autre chose qu'un reflex numérique, pensez à modifier la valeur du cercle de confusion.
Le script étant sous licence wtfpl, vous en faites exactement ce que vous voulez.

dimanche 06 janvier 2008

[Blogs] rewriting.net

Voici la suite annoncée de ma revue-de-web.

rewriting.net est le blog de Jean-Marc Manach, un journaliste qui écrit principalement sur le net, et qui s'intéresse de prés aux questions touchant la vie privée, les réseaux, la sécurité, les libertés fondamentales, les logiciels... Il a par exemple collaboré à Madchat, dont je tiens une archive miroir.

Son dernier billet, intitulé Quand Raymond Forni, futur président de l’Assemblée, défendait les faux papiers, est un excellent moyen de saisir le ton général du blog.

Je vous incite vivement à suivre sa prose, et pour vous donner une petite idée de la plume du monsieur, voici la liste de ses articles sur le monde.fr

Comme je le ferais régulièrement à l'occasion de la revue-de-web, je vous conseille d'utiliser un lecteur de flux pour suivre ces articles.

jeudi 03 janvier 2008

Les licences et la notion de liberté

Suite à un commentaire ou l'on me demande de préciser un peu ma remarque sur les licences Creative Common, voici un billet au sujet de la notion de libre, ce mouvement qui bouscule la propriété intellectuelle dans le domaine logiciel essentiellement (mais pas uniquement!).

La propriété intellectuelle, le copyright, les droits d'auteurs... et les sujets proches sont des sujets complexes et touffus, pour l'essentiel juridiques, et sont le terrain de nombreuses confusions.

N'étant pas un spécialiste (au sens de juriste spécialisé...), je m'en tiendrais à un domaine restreint, ou je pense ne pas faire trop d'erreurs, si ce n'est sur la lettre, au moins sur l'esprit: les licences, de logiciels mais pas uniquement, dites libres, et les licences qui s'en approchent. Il ne s'agit pas ici d'être exhaustif, mais de tenter de dessiner les grandes lignes d'une idée complexe et instructive.

Les utilisateurs de distributions GNU/Linux grand public, comme l'est Ubuntu sont concernés au premier chef, leur système d'exploitation étant constituée de logiciels sous diverses licences, dont la compréhension aide à la compréhension globale du système, de ses tenants et des ses aboutissants

Au commencement, la GNU General Public License (GPL)

GNU Mère de toutes les licences libres, et sans doute aussi de la notion même de libre, en tant que concept touchant a la propriété intellectuelle, la GNU GPL, actuellement en version 3, apparaît en janvier 1989. Elle est écrite pour protéger les logiciels GNU et les projets de la Free Software Foundation.

L'idée centrale de la GPL, c'est le copyleft un jeu de mot (mal traduit en français par les termes gauche d'auteur) fondé sur le terme copyright. Il s'agit d'utiliser le mécanisme du copyright, mais en le retournant au profit des libertés de l'utilisateur. Richard M. Stallman, fondateur du projet GNU, en parle ainsi:

L'idée centrale du gauche d'auteur est de donner à quiconque la permission d'exécuter le programme, de le copier, de le modifier, et d'en distribuer des versions modifiées - mais pas la permission d'ajouter des restrictions de son cru. C'est ainsi que les libertés cruciales qui définissent le « logiciel libre » sont garanties pour quiconque en possède une copie; elles deviennent des droits inaliénables.

On trouve là évoquées ce qui sont les 4 libertés fondamentales du logiciel libre, et la restriction fondamentale également du copyleft: il n'est pas possible de retirer ces libertés aux utilisateurs, la liberté se propage partout ou va le logiciel.
Vous trouverez plus d'information sur la licence GPL, mais aussi sur les licences "sœurs" que sont les LGPL (plus souple) et GFDL (adaptée aux documentations), sur wikipedia, et plus d'éléments quand à la philosophie du projet GNU ici.

Une autre licence logicielle phare: la BSD

BSDLa licence BSD est une autre licence phare du monde libre. Elle a été rédigée pour s'appliquer au(x) projet(s) d'uni(ces)x libre(s) dit Berkeley Software Distribution(BSD)[1]. Elle est considérée comme plus permissive, dans le sens ou elle ne fournit pas la restriction fondamentale du copyleft: un logiciel sous licence BSD pourra être utilisée dans un projet non-libre, sa licence pourra être modifié, on peut modifier son code et le redistribuer sans être forcé de fournir les sources...

Ces deux grands modèles ont leurs partisans, et l'on considère habituellement (bien que ce soit une simplification importante!) que la BSD est une licence plus pragmatique, qui permet (notamment) la viabilité du logiciel libre dans le monde de l'entreprise, alors que le modèle GNU (GPL, copyleft...) est l'émanation d'un mouvement social, pour la liberté des utilisateurs.

Il est important de noter que, si ces deux types de licences accorde, pour l'essentiel, les mêmes libertés aux utilisateurs, les quelques incompatibilités qu'elles renferment induisent des différences de philosophie importantes.
Pour ce qui est de la compatibilité, je signalerais juste que la licence BSD étant permissive, le code publié sous cette licence peut être re-licencié en GPL[2], tandis que l'inverse n'est pas vrai. (Ceci n'implique pas que l'on puisse retirer la licence BSD... oui, c'est compliqué, les (in)compatibilités de licences)

Du libre en dehors du domaine logiciel

La licence Art Libre



al La licence art libre reprend les principes du copyleft pour les transférer au delà du monde logiciel, à toutes les œuvres de l'esprit. Wikipedia [3] nous dit:

Elle autorise tout tiers (personne physique ou morale), ayant accepté ses conditions, à procéder à la copie, la diffusion et la transformation d'une œuvre, comme à son exploitation gratuite ou onéreuse, à condition qu'il soit toujours possible d'accéder à sa source pour la copier, la diffuser ou la transformer.

Cette licence, que j'affectionne particulièrement, poursuis explicitement l'objectif d'un modèle de société non-marchand. Dans la Foire aux questions a son sujet, on trouve:

L’utilisation de la Licence Art Libre est aussi un bon moyen pour prendre des libertés avec le système de la marchandise généré par l’économie dominante. Cette licence offre un cadre juridique intéressant pour empêcher toute appropriation abusive. Il n’est plus possible de s’emparer de votre œuvre pour en court-circuiter la création et en faire un profit exclusif. Il est interdit de faire main basse sur le travail collectif qui est à l’œuvre, interdit de s’accaparer les ressources de la création en mouvement pour le seul bénéfice de quelques-uns.

on y retrouve la notion de collectif, que je raproche du mouvement social évoqué par Richard M. Stallman à propos des logiciels libres.

Les licences Creative Commons

cc

Creative Commons propose gratuitement des contrats flexibles de droit d'auteur pour diffuser vos créations.

Voila la phrase qui nous accueille sur le site francophone de Creative Commons. En effet, Creative Commons n'est pas une licence, mais une organisation (représentée en France par le CERSA CNRS, Centre d'Etudes et de Recherches de Science Administrative[4]), qui met à la disposition de chacun six contrats, modulables, pour diffuser ses créations en définissant ce que les utilisateurs peuvent en faire. (En effet, ne pas donner de licence a son œuvre la place d'emblée dans un régime de droit d'auteur restrictif). Détaillons (un peu) les six contrats:

  • Paternité: Ce contrat autorise la distribution, la modification, la reproduction et la communication de l'œuvre, à la condition de citer le nom de l'auteur original. (Il est noté CC-by)
  • Paternité, pas de modification: Les droits sont similaires au contrat Paternité, à la différence (énorme!) que l'utilisateur ne peut en aucun cas modifier l'œuvre. (noté CC-by-nd)
  • Paternité, pas de modification, pas d'utilisation commerciale: Ce contrat ajoutes encore une restrictions aux libertés accordées dans les contrats précédents: cette fois çi, il est formellement interdit de faire un usage comercial de l'œuvre, que l'on a le droit de distribuer, reproduire et communiquer, en citant le nom de l'auteur original. (noté CC-by-nc-nd)
  • Paternité, pas d'utilisation commerciale: Si l'on a la non plus, pas le droit d'en faire un usage commercial, on peut modifier l'œuvre, en citant son auteur original (noté CC-by-nc)
  • Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique: Ce contrat introduit la notion de propagation, issue du Copyleft. cependant, il y a une restrictions sur les usage commerciaux de l'œuvre. (noté CC-by-nc-sa)
  • Paternité, partage des conditions initiales à l'identique: Ce contrat reprends les libertés accordées par le contrat Paternité, en y ajoutant la notion de propagation des libertés, puisque toute redistribution, modification... doit se faire sous le même contrat. (noté CC-by-sa)


Les contrats Creative Commons sont souvent assimilés à des licences libres. Cependant, il est essentiel de remarquer que les six contrats ont des implications très différentes. En effet, seul deux contrats (CC-by et CC-by-sa) accordent les 4 libertés fondamentales du (logiciel) libre à l'utilisateur de l'œuvre, tandis que les autres restreignent l'usage qui peut en être fait. Seul le contrat CC-by-sa accorde les 4 liberté fondamentales, et la notion de propagation des libertés, proche du copyleft (c'est sous ce contrat que je diffuse mes photos). Il est donc plus juste de considérer que seul ces deux contrat sont libres, et que seul CC-by est un contrat permissif (de type BSD), et CC-by-sa un contrat copyleft (de type GNU)[5]

Une multitude de licences (plus ou moins) libre

Si les licences que j'ai présentées jusque là sont les plus connues, il existe néamoins une multitude d'autres licences, qui se veulent libres, et qui pour certaines le sont, pour d'autres, ne le sont pas, et pour d'autres encore... et bien ça dépends de qui en juge!.
On trouve par exemple les licences Apache, CeCILL, Mozilla Public Licence, et bien d'autre, plus confidentielles encore.
À titre d'exemple, j'utilise pour les contenus de ce site la licence WTFPL, une licence libre tellement libérale qu'elle permet toute modification et redistribution sans aucune restriction. (je ne conseille personnellement cette licence que pour les œuvres les plus triviales). Dans ce maquis de licences, plus ou moins libres, plus ou moins confidentielles, comment s'y retrouver?

Le projet Debian, son contrat social et les DFSG

DebianSi le meilleur moyen de s'y retrouver dans le maquis des licences libres, c'est de bien les connaître, et d'avoir des convictions en la matière, il existe un projet qui s'est depuis longtemps penché sur la question du libre et qui a produit un gros travail, à la fois théorique et pratique, sur le concept de libre, et sa traduction pratique dans l'utilisation quotidienne. Il s'agit du projet Debian, la célèbre distribution GNU/Linux communautaire. Chacun se forgera sa propre opinion, mais l'abord que Debian à du libre me convient, et je vais donc vous en dire un peu plus à ce sujet.

Le projet Debian, entiérement communautaire, s'appuie sur quelques textes fondamentaux pour pouvoir s'orienter et faire des choix. L'un de ces textes est le Contrat Social avec la communauté des logiciels libres , dont voici un extrait:

Nos priorités sont nos utilisateurs et les logiciels libres.

Les besoins de nos utilisateurs et de la communauté des logiciels libres nous guideront. Nous placerons leurs intérêts en tête de nos priorités. Nous répondrons aux besoins de nos utilisateurs dans de nombreux types d'environnements informatiques différents. Nous ne nous opposerons pas aux travaux non libres prévus pour fonctionner sur les systèmes Debian. Nous permettrons, sans réclamer rétribution, que d'autres créent des distributions contenant conjointement des logiciels Debian et d'autres travaux. Pour servir ces objectifs, nous fournirons un système intégrant des composants de grande qualité sans restrictions légales incompatibles avec ces modes d'utilisation.

Si je vous donne cet extrait ici, c'est qu'il me semble exprimer le compromis nécessaire si l'on souhaite que le libre profites aux individus et aux peuples: placer l'intérêt des utilisateurs avants les dogmes techniques et/ou philosophiques.

Pour appliquer ce contrat social, Debian s'est doté d'un texte qui défini les logiciels qui peuvent entrer dans le système Debian : Les principes du logiciel libre selon Debian (DFSG)[6]. Ce texte définis, plus largement que ne le font chacune des licences, avec leurs particularités, leurs objectifs spécifiques, leurs parti-pris idéologiques respectif, les conditions que doivent remplir les logiciels pour être compatible avec le contrat social précédemment cité. La page wikipedia anglophone sur le sujet nous en apprends plus sur le questions que ces Guidelines soulèvent, et les conséquences qu'il faut en tirer. On y trouvent notamment trois tests de compatibilité avec les DFSG, que je traduit ici, puisque je n'ai pas trouvé de traduction sur internet:

  • Le test de l'île déserte Imaginez un naufragé sur une île déserte avec un ordinateur fonctionnant à l'énergie solaire avec une connexion Internet qui ne peut pas transférer[7]. En conséquence, il lui serait impossible de respecter une obligation de mettre ses modifications à la disposition du public ou d'envoyer ses correctifs à certains destinataires en particulier. C'est valable même si ces exigences ne le sont à la demande uniquement, comme le naufragé qui pourrait être en mesure de recevoir des messages mais ne pas être en mesure d'en envoyer. Pour être libres, les logiciels doivent être modifiables par ce malheureux naufragé, qui doit aussi être en mesure de partager légalement ses modifications avec des amis sur l'île.
  • Le test du dissident Envisageons un dissident dans un état totalitaire qui souhaite partager quelques modifications d'un logiciel avec d'autres dissidents, mais ne souhaite pas révéler l'identité du modificateur, ou révéler les modifications elles-mêmes, ou même la possession du programme au gouvernement. Toute exigence de l'envoi du code source des modifications, à toute personne autre que le destinataire des binaires modifiés - en fait, toute distribution forcée quelle qu'elle soit, hormis donner le code source à ceux qui reçoivent une copie du binaire - mettrait en danger le dissident. Pour qu'un logiciel soit libre selon Debian, il doit doit pas avoir de telles exigences (excédentaires) de redistribution.
  • Le test des Tentacules du Mal Imaginez que l'auteur est retenu par une grande société malfaisante, le tenant en esclavage, et visant à faire le pire pour les utilisateurs du programme: rendre leur vie misérable, les faire cesser d'utiliser le programme, les exposer à une responsabilité légale , rendre le programme non-libre, chercher à découvrir leurs secrets…[8] La même chose peut arriver à une société rachetée par une grande société s'acharnant à détruire les logiciels libres afin de maintenir son monopole et d'étendre son empire du mal[9]. La licence ne peut permettre, même à l'auteur, de retirer les libertés.

Voila, j'espère, quelques éléments qui permettront a ceux qui se sentaient un peu largués de mieux se repérer dans le maquis du (logiciel?) libre, et éventuellement, partant de là, de faire les choix éthiques et techniques appropriés, et correspondants à leurs besoins, envies, désirs, opinions.... (dédicace spéciale au monolecte ^^')

il est fort possible que j'ai fait quelques erreurs, mais rien de vous empêche de troller me répondre dans les commentaires :)

Notes

[1] les projet sous licence BSD les plus connus sont sans doute FreeBSD, OpenBSD, NetBSD, et OpenSSH

[2] Cette idée est polémique!

[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_Art_Libre

[4] http://www.cersa.org/

[5] Cette typologie en type est improvisée, soumise a caution, et simplificatrice! pas taper!

[6] Debian Free Software Guidelines, en anglais

[7] Le texte original parle d'upload

[8] Toutes ressemblances avec... (vous connaissez la suite)

[9] Toutes ressemblances...

lundi 31 décembre 2007

[Blogs] Le monolecte

Je sais pertinemment qu'une partie de mes lecteurs sont des gens qui ne passent pas autant de temps que moi sur internet, et qui maîtrisent assez peu les technologies qui permettent de gagner du temps pour récupérer de l'info.

Alors, PAF! je viens de décider, d'un coup d'un seul, en lisant un billet du blog que je vais vous présenter, d'étrenner un nouveau tag: revue-de-web, pour présenter régulièrement un site que j'aime bien, et que je lis régulièrement.
Si ce site vous intéresse, bien sur, vous pouvez allez le lire directement sur le site web. Cela dit, je vous conseille, si vous comptez le lire réguliérement, de regerder un peu comment fonctionnent les flux RSS.

Aujourd'hui, je vais vous présenter Le Monolecte, le blog d'Agnès Maillard, que je ne connais pas du tout, si ce n'est par ses écrits. Ces derniers décrivent (avec talent!) une réalité pas franchement gaie, mais qui colle plutôt pas mal avec la vision que j'en ai.
C'est son dernier billet qui m'a décidé a vous en parler, parce qu'il m'a simplement pris aux tripes, et que lire des trucs comme ça, ba ça réveille.

Et comme cette personne a en plus le bon goût de soutenir le logiciel libre, de fournir sa prose sous une licence Creative Common by-nc-nd (même si mon cœur de libriste préfère la CC by-sa) , et d'utiliser dotclear2, je ne peux que chaudement vous conseiller de la lire!

Un extrait pour vous mettre l'eau à le bouche:

Bien sûr, nous nous disions qu'aller un samedi à Ikéa Bordeaux, ce n'allait pas être une partie de plaisir, mais bon, Noël venant de passer et de bien drainer les fonds de poches des impécunieux, nous espérions une sorte de trêve consumériste, un peu comme un joueur de poker qui joue la prudence a près s'être fait éponger sur un mauvais bluff.

Mais là... c'était la quatrième dimension! Un centre commercial plein jusqu'à la gueule. Des bagnoles qui se garent n'importe comment sur les terre-pleins à l'entrée de la zone marchande. Une foule compacte et industrieuse qui n'a de cesse que d'écluser un maximum de rayons et d'acheter un maximum de choses. Il y avait quelque chose de méthodique et d'insouciant à la fois dans ce quadrillage consumériste, une sorte de grosse fièvre froide du claquage de carte bleue. La foule s'écoulait comme un énorme mascaret sur le parcours forcément sinueux du magasin venu du froid et raclait les berges de marchandises débordantes, jusqu'à ne presque plus pouvoir pousser leur caddie pourtant démesuré. Je me retrouvais prisonnière de la déferlante, ballottée avec mes trois trucs à pas cher, effarée d'être à ce point à des années-lumières de mes contemporains.

Quand j'ai fini par être précipitée par le courant sur le barrage des caisses, j'ai halluciné de voir avec quelle gloutonnerie les tapis roulants dégueulaient des monceaux de marchandises, avec quelle fébrilité l'argent changeait de main.
J'avais l'impression d'être une Polonaise des années 70 subitement propulsée dans une sorte de rêve éveillé de ce que je pouvais imaginer de plus caricatural du monde de débauche qui s'agitait outre-mur.

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