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À qui cela profite-t-il ? Aux grands. Tu sers les grand, Gœtz, et tu les serviras quoi que tu fasses : toute destruction brouillonne, affaiblit les faibles, enrichit les riches, accroît la puissance des puissants.

Jean-Paul Sartre

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mercredi 17 février 2010

Voici le témoignage ahurissant de Hélène du RESF de Paris nord ouest qui n'a de crimes à son actif que que de gérer la liste des alertes rafles

Message de Christophe Ruggia : " Voici le témoignage ahurissant de Hélène du RESF de Paris nord ouest qui n'a de crimes à son actif que que de gérer la liste des alertes rafles.
Date : 15 février 2010 23:38
Objet : Hélène; garde à vue "

à lire avec attention et à diffuser

Hélène :

A 6H10, 4 hommes et une femme ont frappé à ma porte, ont dit que c'était la police. j'ai ouvert. ils portaient des gilets par balle. je ne me souviens plus si ils m'ont montré un papier dès leur arrivée. Je sais que j'en ai signé un après mais ne me rappelle plus quoi. ils m'ont parlé des "mes engagements politiques de gauche". tout ce moment reste très flou, j'étais surprise et je me demandais ce qu'il se passait.au bout d'un moment ils m'ont dit cherché des bombes de peinture et m'ont parlé de destruction de DAB distributeur automatique de billets. ils ont cherché de la littérature subversive. ils ont pris en photos des livres (le dernier de RESF, de la désobéissance civile...). ils ont fouillé partout. ils ont voulu voir les photos de mon appareil photos, m'ont demandé si j'avais des photos de manif. ils ont photographié des notes sur l'occupation des grévistes. ils ont emmené deux ou trois papiers qu'ils m'ont rendu. ils ont embarqué mon CV. ils ont voulu prendre mon ordi mais je leur ai expliqué que je n'avais plus internet depuis deux ans. ils l'ont fouillé quand meme sans l'emporter. ils m'ont demandé mon portable et mon chargeur, qu'ils ont emporté. je ne les ai pas récupéré. ils m'ont dit que je pourrais le récupérer demain. dans l'appartement ils m'ont parlé du centre de rétention de vincennes. ensuite nous sommes descendus dans ma cave. ils y ont jeté un rapide coup d'oeil. j'ai été emmené ensuite au 36 quai des orfèvre. j'y suis arrivée vers 8h. là j'ai eu le droit aux photos antopométrique, prise d'empreinte et m'ont fait me deshabiller, m'accroupir et tousser. j'ai des marques reconnaissables sur le corps qu'ils ont prises en photos. je leur ai expliqué que c'était une maladie génétique. ils ont fait des commentaires se demandant si ce n'était pas contagieux.... ensuite, vers 11 h, j'ai été interrogé pour ce qu'ils appellent l'interrogatoire d'identité (je plus trop sur du terme) par un commandant de police. ils sont remonté de ma scolarité primaire à mon diplome professionnelle, m'ont interrogé sur mes voyages et ensuite sur mes opinions politiques. ils m'ont questionné sur mes activités militantes. je suis remontée en cellule. j'ai été ensuite changée de cellule car j'étouffais dans celle où j'étais (en gros 4 mètres carrés, pas d'aération pas d'ouverture). j'ai demandé à voir un médecin que j'ai vu une heure après environ. il m'a été demandé de faire un test ADN. avant j'avais dit que j'avais le droit de refuser. il m'a été répondu que je pouvais être jugé pour ça et que de le faire été le meilleur moyen de prouver mon innocence. je l'ai donc fait. vers 16h30 j'ai été vu à nouveau "pour les besoins de l'enquête". Mon téléphone portable a été évoqué à nouveau. il m'a été dit qu'effectivement c'était pour cela que j'étais là. on m'a demandé si j'avais participé à des actes de violences destruction de DAB, investir la préfecture ou la caf, m'ont interrogé sur mes connexions internet, les sites que je visite, mes moyens d'informations et si je connaissais des gens qui avaient commis des actes de violence ( ai répondu pas à ma connaissance) ou entendu parler d'actes de violence. ils ont beaucoup insisté pour savoir ce que savais des banques qui dénoncent les sans papiers, ce que j'en pensais et ce que je pensais des actes violents. la fin de ma garde à vue a été prononcé à 19h35. je suis sortie après 13h20 de garde à vue. Hélène

mercredi 11 mars 2009

Le réseau des pirates

ADDENDUM : le site est a nouveau en ligne, ce billet est obsolète ;)

Je n'ai encore rien écrit ici sur l'infamie[1] HADOPI, essentiellement parceque tout est dit, bien mieux que je ne pourrais le dire, un peu partout sur le web. Cette loi, si elle est votée, sera inique, inapplicable, liberticide et stupide[2].
Cela dit, avec le flot continu de loi de ce genre qu'on nous fait avaler depuis quelques années, rien ne vous étonnes plus, n'est-ce pas ?

Je risque néanmoins une petite bafouille, parceque je suis tombé sur ça :

Réseaux des pirates

Le réseau des pirates a visiblement vu son compte suspendu, et son site mis hors ligne, chez leur mauvais hébergeur. Il n'y a pas la moindre explication, mais on peut supposer que c'est en application de la LCEN (ou alors c'est moi qui voit le mal partout ?)[3]

Article 6.I.2. de la LCEN (Responsabilité civile) Les personnes physiques ou morales qui assurent, même à titre gratuit, pour mise à disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d'écrits, d'images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services ne peuvent pas voir leur responsabilité civile engagée du fait des activités ou des informations stockées à la demande d'un destinataire de ces services si elles n'avaient pas effectivement connaissance de leur caractère illicite ou de faits et circonstances faisant apparaître ce caractère ou si, dès le moment où elles en ont eu cette connaissance, elles ont agi promptement pour retirer ces données ou en rendre l'accès impossible. L'alinéa précédent ne s'applique pas lorsque le destinataire du service agit sous l'autorité ou le contrôle de la personne visée audit alinéa.

Article 6. I. 3. de la LCEN (Responsabilité pénale) Les personnes visées au 2 ne peuvent voir leur responsabilité pénale engagée à raison des informations stockées à la demande d'un destinataire de ces services si elles n'avaient pas effectivement connaissance de l'activité ou de l'information illicites ou si, dès le moment où elles en ont eu connaissance, elles ont agi promptement pour retirer ces informations ou en rendre l'accès impossible.



Bon, on peut commencer par conseiller au réseau des pirates de se préoccuper un peu d'internet, et pas seulement de minitel 2.0, et de se choisir un vrai hébergeur[4], et ensuite, on peu relayer leur texte, afin que les ciseaux de la censure se brise sur la résistance du net.

Voila le texte qu'on y était (notamment) invité à signer, et que je vous invites a relayer :

Appel du réseau des pirates

Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates.

Je prends le parti des pirates.

Ils sont, nous sommes, des millions, en France, chaque jour à échanger des œuvres: des tubes, des films à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables, des œuvres oubliées ou "tombées" dans le domaine public.

Ces pratiques sont là pour durer. Elles sont inscrites dans la révolution numérique. Les tentatives d'interdire les échanges sur Internet -par l'intimidation ou par le filtrage- sont vaines. Leur coût en termes de libertés publiques est inacceptable. Cantonnées dans la clandestinité, ces pratiques de partage ne donnent pas, il est vrai, le meilleur d'elles-mêmes. C'est au grand jour qu'elles révéleront toutes leurs potentialités.

Il est grand temps de reconnaître ces pratiques. De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse. En attendant ce jour, je prends le parti des pirates.

Je déclare que je suis l'un d'entre eux. Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles. Alors, pour eux je suis un pirate.

Notes

[1] énième du nom...

[2] parmi d'autres qualificatif, peut appropriés à l'écrit...

[3] Ou alors, ils ont explosé leurs quotas chez leur hébergeur avec leur nouveau texte, c'est tout le mal que je leur souhaite, auquel cas j'ai écrit ce billet pour rien : tant mieux

[4] admettons, ça ne court pas les rues... dans ce cas là, être son propre hébergeur est peut-être une solution?

mercredi 17 décembre 2008

La nuit sécuritaire

Le 2 décembre 2008, dans une enceinte psychiatrique hospitalière, se saisissant d’un crime pourtant très rare commis par un patient diagnostiqué comme schizophrène, le président Sarkozy a annoncé un plan pour la psychiatrie aux conséquences dévastatrices.

Dans ce discours, les fondements même de la psychiatrie ont été attaqués avec la plus grande brutalité, celle qui amadoue pour mieux exécuter.

Il aura suffi d’un fait divers dramatique pour relancer une politique de la peur dont le projet de centres de rétention de sûreté tout comme les soins sans consentement en ambulatoire sont le parachèvement.

En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant d’une façon calculée la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables.

Alors que les professionnels alertent régulièrement les pouvoirs publics non seulement sur les conditions de plus en plus restrictives de leur capacité de soigner, sur l’inégalité croissante de l’accès aux soins, mais aussi sur la mainmise gestionnaire et technocratique de leurs espaces de travail et d’innovation, une seule réponse leur a été opposée : attention danger, sécurisez, enfermez, obligez, et surtout n’oubliez pas que votre responsabilité sera engagée en cas « de dérapage ».

Un pas vient d’être franchi, l’heure est trop grave pour que la résignation l’emporte. [...]



Cette pétition fait suite au discours du chefaillon sur la psychiatrie. Si je ne suis pas très pétitionnaire, je crois que celle ci est essentielle. Personne ne doit pouvoir dire ''on ne savait pas''!

lundi 01 décembre 2008

À partir de quel moment doit on considérer que l'on vit dans un régime policier ?

PoliceJe suis militant (à gauche. non, encore plus à gauche que ça) depuis pas mal de temps, et, de fait, je suis abonné a une foultitude de listes et de sites web qui relatent les excès sécuritaires et policiers. Alors bien-sur, on pourrait penser que l'interrogation qui me sert de titre est une formule, et que mon regard est baisé par le milieu dans lequel je baigne...

Cependant, malgré ce bain prolongé, je ne me rappelle pas avoir déjà connu une telle conjonction de faits aussi choquants et inquiétants. Ce qui fait que je suis en train (oui oui, en ce moment même, et c'est pourquoi je vous livre mes doutes en pature) de me demander si nous ne sommes pas au moment ou notre système capitaliste vaguement démocratique et teinté de surveillance bascule dans un fonctionnement franchement policier.

Voyez vous même : D'abord, vous avez sûrement entendu parler de ce journaliste humilié et brutalisé par la police. Je croyais que dans une démocratie, on se comportait autrement avec les journalistes, fussent-ils les agents (involontaires?) du spectacle. Ensuite, voici trois témoignages, reçus par emails, que vous avez peut-être manqués (la presse en a parlé, mais c'est resté assez confidentiel, je crois). Je les reproduis in-extenso.

Descente de police dans un lycée du Gers

"Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail quatre gendarmes décidés, accompagnés d'un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j'insiste, on me fait comprendre qu'il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l'ambiance est lourde, menaçante, j'ouvre une fenêtre qu'un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement. Le chien court partout, mord le sac d'un jeune à qui l'on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d'un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l'élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m'impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d'une ironie douteuse fusent. Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d'une heure. Une trentaine d'élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d'enlever leurs chaussettes, l'un d'eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l'élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu'il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l'hosto ! » Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J'apprendrais par la suite qu'aucun événement particulier dans l'établissement ne justifiait une telle descente. La stupeur, l'effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu'ils dramatisent.

Ils m'interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l'abattoir sans réagir : l'effet surprise laisse sans voix, l'effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes. Ensuite, dans la journée, je m'étonne de ne lire l'indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l'intervention normale, d'autres souhaitable. Je me dis qu'en cinquante ans (dont vingt comme prof), je n'ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés subissent l'assaut d'une idéologie dure. Ce qui m'a frappé, au-delà de l'aspect légal ou illégal de la démarche, c'est l'attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d'une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n'y a que des garçons, les félicitant d'avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n'auraient pas agi autrement. C'est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu'ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d'un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes."

Un professeur qui ne manque jamais de faire contre la drogue une prévention qu'il juge intelligente.



Ce témoignage à été diffusé sur France Inter, voici l'enregistrement :



Je ne sais pas pour vous, mais à mes yeux, ça se passe de commentaires. J'ai reçu cet email le 29 novembre, à 17h. À 22h30, j'en recevais un second, pire, si c'est possible.

Les chiens policiers lâchés sur des collégiens

Objet : Un papa un peu bouleversé et très en colère !!!

J’ai eu cette semaine un mail concernant un descente de police dans un lycée du Gers ...On a pu entendre aussi le témoignage sur France inter. J’étais absolument abasourdi par les méthodes utilisées….Mais vous savez parfois on se dit que les gens exagèrent dans leur témoignage…. Bref je reste interrogateur !
Mais voilà que ce WE, j’accueille ma fille Zoé –elle a 13 ans- de retour du collège de Marciac.... Elle me raconte son mercredi au collège....colère à l’intérieur de moi.... révolte...... que faire ???
J’ai demandé à Zoé d’écrire ce qu’elle me disait là. Elle a accepté.

Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle :

« Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.
Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs.
A peine 10 minutes plus tard – nous étions assis-, deux gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous étions, les regardait en nous disant « Ils font leur ronde !?? » . Elle n’était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes... Enfin non, pas exactement !!! Il y avait un monsieur chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait !) et un gendarme très gros.
Le chauve nous a dit : « Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! » Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du « Quand il mord, ça pique ! »
Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités de la classe tandis que le dresseur regardait son chien déjà à l’œuvre. Le chien s’appelait Bigo. Bigo s’est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée.
Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant : « Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires ! » Elle a rangé son sac, s’est levée et s’est apprêtée à sortir mais le dresseur l’a repris vite : « Et ton manteau ! » Elle a rougi et emporté aussi son blouson.
Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors m’attendait une petite troupe de gendarmes... Enfin, non, pas dehors : nous étions entre deux salles de classe.
Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent fini, ils s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je n’étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller les poches par une gendarme.
Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures.
La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe.
C’était à mon tour ! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le regards des deux autres gendarmes.....
Je décris : Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme : « On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte ! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas !!!!!!
Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je n’ai rien !!!! »
La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m’a dit : « tu peux ranger ! ».
J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis repartie en classe après avoir donner le nom du village où j’habite.
De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je lui ai répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j’ai eu du mal à me consacrer au math !
Tout ça c’est ce que j’ai vécu mais mon amie dans la classe à coté m’a aussi raconté.
Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont carrément emmené à l’internat où nous dormons. Le chien s’est acharné sur toutes ses affaires m’a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle connaissait des fumeurs de hash, vue qu’ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le WE dernier elle a assisté à un concert !
Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté.
Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et nous a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le monde.
Une prévention ? Avec des chiens ? Armés comme aujourd’hui ?
Une élève de 4ème nous a dit que le chien s’est jeté sur son sac car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur.
Les profs ne nous en ont pas reparlé....Ils avaient l’air aussi surpris que nous !
Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même question : Que se passe t il ?
Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n’ont pas été directement concernés ! »

Zoé.

Qu’en pensez vous ? Que dois je faire ? Qui parle de violence ?
Il me semble important d’écrire ici que ni personne du collège a juger important de communiquer sur ces faits( ???). Nous sommes lundi 24/11/2008, il est 15h30 et si Zoé ne m’en avait pas parlé, je n’en saurais rien. Combien de parents sont au courant ?

Les enfants « victimes » -et je pèse ce mot- de ces actes sont en 4ème et 3ème.
Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n’en reviens pas….

Frédéric

2008-11-26 23:17:51



Cette fois-çi, il s'agit de collégien, et les agissement policiers sont qualifiés de prévention. Je suis abasourdi. Et voila qu'aujourd'hui, à 13h, je reçois un nouvel email, ou l'on franchis un nouveau seuil dans la violence de la police face à la population...

Des enfants raflés à l'école

La police contre les enfants

Objet : FAITES LE SAVOIR : Une première en Isère : des enfants raflés à l'école

Une première en Isère : des enfants raflés à l'école

Bonsoir,
Hier s'est produit un fait très grave à l'école du Jardin de Ville, à Grenoble. A 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l'école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour "un rendez-vous en préfecture", ont compris les enseignants. A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon. Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir. On a réussi à les joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui, rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre que la CIMADE, seule association ayant le droit d'entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour l'aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard. Nous n'avons rien pu faire, nous attendions que les militants des la Cimade comprennent la situation de la famille, afin de pouvoir les aider en connaissance de cause. Ils ont été expulsés ce matin.
Leurs chaises d'école resteront vides.
C'est une première en Isère : la traque des étranger-e-s pénètre dans les écoles.
Les seuls enfants en situation irrégulière sont ceux qui ne sont pas à l'école.

Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible. Personne ne doit pouvoir dire "on ne savait pas".
Merci,

Emmanuelle, pour le Réseau Education Sans Frontières 38



Je doute encore, comme je l'ai dit plus haut. (non pas de la véracité des faits, mais de la bascule, ou non, dans un système franchement policier). Cependant, récapitulons :

  • La police brutalise et humilie un (pour ce genre de chose, je ne croit pas qu'il soit trés pertinent de distinguer le singulier du pluriel...) journaliste,
  • La police fait intervenir ses chiens dans les classes, menace les enfants, sans avertir les professeurs, et cela dés le collège, avec des enfant de 13 ans. Ces agissements sont nommés prévention,
  • La police, sous un prétexte vraisemblablement mensonger, arrête des enfants dans les salles de classe, et les enferme, avec leur parents, dans des prisons spécifiques et réservés aux étrangers, avant de les expulser,
  • Hormis pour le cas du journaliste (et encore, bien peu) pas de réactions des autorités, pas d'explications ni de réprobations des tenants du pouvoir, atonie de la classe politique, même dans la dites opposition



Personnellement, tout cela m'angoisse au plus haut point... D'autant que ce ne sont que quelques événements parmi d'autres, une longue litanie d'autres cas similaires. Le tout dans une période ou l'on abaisse (encore!) l'âge auquel les enfants font pouvoir être emprisonnés, ou l'on crée la possibilité d'emprisonner les gens potentiellement dangereux, ou l'on demande à des personnels médicaux et soignants d'enfermer des malades (oui, je pense au schizophrène meurtrier de grenoble), etc, etc...

Ça paraîtra sans doute pompeux ou ridicule, ou les deux, mais tant pis. Je déclare publiquement :

  • Qu'a mes yeux, ces événements ne peuvent se produire dans une démocratie sans que la hiérarchie des policiers en question ne les sanctionnent sévèrement, et que la justice répare les préjudices subis par les victimes,
  • Que je ne reconnais aucune légitimité, ni aucune autorité à une loi, un gouvernement, une classe politique, et plus généralement, à un pouvoir qui permet de telles exactions,
  • Que chaque fois que je serais en mesure de le faire, je tenterais, par les moyens qui me semblerons les plus adaptés, d'empêcher ce type d'agissement



Et bien sur, j'invite chacun à faire de même, bien que je ne me leurre pas sur la faible portée de ma petite voix et de mes petits bras. N'hésitez bien sur pas à relayer ces infos et à en informer le plus grand nombre.