Psychiatrie : encore une bonne nouvelle !
Par effraie le jeudi 04 décembre 2008, 23:46 - Chroniques de l'état policier - Lien permanent
Je ne sais pas qui disait (mais il faut avouer que j'ai la flemme de chercher...) qu'on peux évaluer le niveau de civilisation d'une société à la façon dont elle traite les dit malades mentaux...
Aujourd'hui, notre commissaire président de la république à prononcé un discours dans lequel il énonce ses orientations pour l'hôpital psychiatrique. Bien entendu, ce discours, comme à l'habitude, à été mûrement réfléchi, et sa proximité avec le très médiatique fait divers du schizophrène meurtrier de Grenoble n'est qu'une coïncidence. Ceux qui prétendront le contraire sont des terroristes de l'ultra-gauche, et seront gardés à vue en conséquence.
Le discours en question n'est pas surprenant : il était tristement prévisible, et correspond parfaitement à l'orientation orwellienne qui a cours ces jours ci.
Voici simplement quelques extraits, vous trouverez le discours complet ici.
Mon propos n’est pas de dire que la seule solution est l’enfermement à vie. Mon propos n’est pas de dire que seuls comptent les risques pour la société et jamais le cas particulier du malade. Mon propos n’est pas de dire qu’il n’y a que des délinquants ou des criminels et pas des malades. Un schizophrène est, avant toute autre considération, une personne malade.
J'hésite à le souligner tellement c'est flagrant... on comprends exactement le contraire, non ? Mon propos est de dire que la seule solution est l’enfermement à vie. Mon propos est de dire que seuls comptent les risques pour la société et jamais le cas particulier du malade. Mon propos est de dire qu’il n’y a que des délinquants ou des criminels et pas des malades. Un schizophrène est, avant toute autre considération, une personne dangereuse.
L’espérance, parfois ténue, d’un retour à la vie normale, ne peut pas primer en toutes circonstances sur la protection de nos concitoyens. Les malades potentiellement dangereux doivent être soumis à une surveillance particulière afin d’empêcher un éventuel passage à l’acte
Et les personnes potentiellement criminelles soumis a une incarcération préventive, et les collégiens potentiellement fumeurs de cannabis soumis a des interventions de chiens préventives dans leurs classes, etc, etc.. on commence à connaître la musique.
Certains patients hospitalisés sans leur consentement seront équipés d’un dispositif de géo-localisation qui, si cela se produit, déclenche automatiquement une alerte. Ce système est déjà utilisé à l’hôpital, [...]. Il devrait rassurer les personnels et alléger leurs tâches.
Ou l'on apprends que la tâche principale des soignants est la surveillance ... Par ailleurs, supposer qu'une balise argos greffée au patient (dans une bracelet? un collier? une puce?) améliorera la relation de soin, euh... comment dire...
Enfin, nous allons aménager 200 chambres d’isolement. Ces chambres à la sécurité renforcée sont destinées aux patients qui peuvent avoir des accès de violence envers le personnel.
On dit souvent que le soin psychiatrique consiste essentiellement dans la relation, pourtant, ces pratiques de chambres d'isolement sont communément désignées (par leurs partisans!) par le doux euphémisme de soins intensifs. Je vous laissent juge du paradoxe. L'isolement, c'est l'échec du soin, et 200 nouvelles chambres d'isolement c'est un pousse à la faute !
Nous allons d’abord instaurer une obligation de soins en milieu psychiatrique. 80% de vos patients sont pris en charge en ville. De même qu’il existe l’hospitalisation sans consentement, il faut qu’il y ait des soins ambulatoires sans consentement.
Argh ! Mais a-t-il au moins un début de commencement d'idée de ce que sont des soins ambulatoires dans une consultation médico-psychologique? Probablement que non... Et en pratique, si le patient ne vient pas? Y'aura des peines plancher?
Je souhaite que désormais le préfet décide de la sortie,
Une prévision de mon institut de pifométrie personel : dès la mise en œuvre, réduction drastique du nombre de sorties...
Je souhaite que vous soyez davantage concernés par la réforme de l’hôpital et mieux impliqués dans sa mise en œuvre.
Ravi de l'apprendre...





Commentaires
Pour la petite phrase du début c'est Lucien Bonnafé.
Et pour le reste, ...
entre nous, il y en aurait bien un qu'il faudrait enfermer avec
sesces même mesures...Ben ! je parle de mon chien... non mais... :))
« J'hésite à le souligner tellement c'est flagrant... on comprends exactement le contraire, non ? »
C'est l'une des fonctions de la paralipse (figure de rhétorique très voisine de la prétérition, à un niveau légèrement plus subtil) : feindre de ne pas vouloir dire ce que néanmoins on dit très clairement et parfois même avec force.
Cette façon de faire passer un message (sensible ou douteux) sans en avoir l'air est une technique relativement courante – et pas seulement exploitée par M. Sarközy de Nagy-Bocsa – que ce soit dans des messages plus ou moins triviaux ou dans des discours politiques ou de propagande.
Ici, la « force » du message véhiculé (enfermement à vie, risques pour la société, etc.) est soulignée par la répétition du sésame « Mon propos n'est pas », ce qui constitue – sauf erreur de ma part – une épanalepse, autre procédé rhétorique.
Cela étant dit, merci pour cet article, bonne piqure de rappel sur l'importance que revêt le traitement des « malades mentaux » dans une politique.